Article de Chmouel Bokobza paru dans AJ Mag numéro 1017
Le chemin du Sanhédrin, inauguré en 2018, retrace ce voyage historique. Ce parcours, traversant les magnifiques paysages de la Galilée, rappelle les lieux où le Sanhédrin a siégé : Beit-Shéarim, Usha, Shefa Amr, Tsipori et Tibériade. Mais ce chemin n’est pas seulement une randonnée historique, c’est un appel à la réflexion, à la transformation intérieure, et à l’engagement envers notre héritage spirituel.
« Je répare les chemins et j’ai mesuré les routes entre Tsipori et Tibériade. » (Ketoubot 112a).
Ainsi parlait Rabbi Hanina, un sage qui vivait et enseignait à Tsipori, au cœur de la Galilée. Ces mots résonnent bien au-delà de leur signification pratique. Ils symbolisent l’effort constant pour réparer non seulement les routes physiques, mais aussi les voies morales et spirituelles qui guident un peuple en quête de lumière.
Le Sanhédrin : un phare spirituel après la destruction
Après la destruction du Second Temple en 70 de notre ère, le peuple juif fut plongé dans l’obscurité d’un monde sans centre. Jérusalem, en ruines, ne pouvait plus jouer son rôle de cœur battant de la nation. Mais nos sages, portés par une vision inébranlable, refusèrent de se laisser abattre.
Le Sanhédrin devint alors le pilier central d’un peuple désorienté. En Galilée, il guida la nation, rassembla les fragments et préserva l’âme d’Israël. Sous la direction de Rabbi Yehouda HaNassi, la Michna fut rédigée, créant une fondation indestructible pour la Torah orale. Cette œuvre, réalisée au début du IIIe siècle, garantissait que même en exil, le peuple juif ne perdrait jamais son identité. En parallèle, les sages encouragèrent la construction de synagogues – des « Mikdachei me’at » (petits sanctuaires) – pour maintenir vivante la flamme du lien avec le Créateur.
Chaque étape : une leçon de Pirkei Avot
– Beit-Shearim : la Torah comme fondement
« Retourne-la et retourne-la, tout est en elle » (Avot 5, 22) – car c’est dans la Torah que résident toutes les réponses.
– Usha : l’importance de la vigilance
« Sois aussi attentif à une petite mitzva qu’à une grande » (Avot 2, 1) : chaque acte, même minime, construit notre monde.
– Shefa Amr : l’humilité comme vertu centrale