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Nucléaire iranien : Téhéran cherche de nouveau à gagner du temps

L'Iran continue, comme prévu par de nombreux observateurs, sa stratégie de gain de temps dans les discussions censées aboutir à un démantèlement de ses capacités nucléaires.

4 minutes
2 juillet 2026

ParGuitel Benishay

Nucléaire iranien : Téhéran cherche de nouveau à gagner du temps
Photo: IStock

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Lors des contacts tenus cette semaine, à la fois lors d'une rencontre à Doha et par messages échangés entre les parties, la République islamique d'Iran a refusé de reprendre dès la semaine prochaine les négociations élargies sur l'accord final, selon des informations rapportées par le quotidien israélien Israel Hayom.

Selon des sources diplomatiques régionales citées par le journal, la date de reprise des pourparlers a été fixée, à ce stade, au 18 juillet 2026 soit dans environ deux semaines et demie. Même à cette date, l'Iran insiste pour que les discussions se déroulent à un niveau « technique », portant sur le dossier nucléaire et sur les questions économiques liées au déblocage de ses avoirs gelés à l'étranger, plutôt qu'à un niveau politique susceptible de déboucher rapidement sur un accord global.

Les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner ont pour leur part réclamé l'ouverture de discussions à haut niveau, que ce soit en Europe ou à Islamabad, afin de faire avancer l'accord final. La réponse iranienne a toutefois été que la République islamique était actuellement absorbée par le deuil national et les préparatifs des funérailles du guide suprême Ali Khamenei. Les cérémonies funéraires officielles s'étalent sur plusieurs jours entre Téhéran, Qom et les villes saintes chiites d'Irak.

Ce refus iranien s'inscrit, selon Israel Hayom, dans une série de gestes de mépris et d'humiliation de Téhéran à l'égard des Américains. Le geste le plus marquant reste l'annulation, en milieu de semaine, d'une rencontre prévue à Doha entre les émissaires américains et le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. Witkoff et Kushner s'étaient spécialement déplacés pour cette réunion, présentée par le président Donald Trump comme ayant été demandée par l'Iran lui-même. Mais Araghchi leur aurait annoncé, sur place, que la rencontre n'aurait finalement pas lieu, tout en avertissant que les Gardiens de la révolution cherchaient à faire capoter les négociations. Selon les sources citées par le journal israélien, les dirigeants des Gardiens de la Révolution auraient empêché le ministre de se rendre à la rencontre, au motif qu'il n'était pas envisageable, à ce stade, de rencontrer les responsables jugés coupables de la mort de leur guide suprême.

Cet épisode fait écho à une série de tensions similaires observées ces derniers jours : Téhéran a démenti à plusieurs reprises la tenue de rencontres annoncées par Donald Trump, tandis que des responsables proches du nouveau dirigeant iranien, Mojtaba Khamenei, sont allés jusqu'à appeler, selon le site Iran International, à un attentat contre le président américain sur le sol des États-Unis plutôt qu'à la poursuite des négociations avec Washington.

Les Iraniens sont également vent debout contre des informations selon lesquelles Donald Trump aurait envisagé de reprendre des frappes de haute intensité.

À l'inverse, une partie de l'administration américaine critique de plus en plus ouvertement la non-application du protocole d'accord conclu avec l'Iran, ainsi que le fait que Téhéran profite de la levée des sanctions et de l'ouverture du blocus naval pour vendre du pétrole et ses dérivés à une échelle qui rapporterait plusieurs milliards de dollars aux caisses du Corps des Gardiens de la révolution. Le rythme actuel de ces ventes serait, selon Israel Hayom, supérieur à un demi-milliard de dollars par jour.

Ce report des discussions réduit fortement les chances de parvenir à un accord dans le délai initial de 60 jours évoqué par les médiateurs, et une demande de prolongation du délai devrait vraisemblablement être formulée dans les prochains jours. Pendant ce temps, l'Iran profite de la trêve pour reconstituer ses capacités militaires et ses réserves financières nécessaires à la poursuite de l'effort de guerre. Selon Israel Hayom, la perception dominante en Iran, largement relayée par l'ensemble du paysage médiatique du pays, est que la guerre reprendra, tôt ou tard.

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