Le Président américain Donald Trump a choisi un astrophysicien israélien pour diriger le nouveau conseil scientifique sur les Phénomènes Anormaux Non Identifiés (UAP/PAN). Le terme PAN ou UAP est une classification administrative et scientifique qui signifie simplement que l'objet ou le phénomène observé n'a pas pu être expliqué après analyse, par manque de données ou à cause de caractéristiques inhabituelles.
Ces objets ont suscité ces derniers temps un vif débat aux Etats-Unis sur la possibilité d'une présence extraterrestre. Néanmoins, à ce jour, ni la NASA, ni le Pentagone, ni aucun organisme scientifique majeur n'a publié de preuve formelle reliant les UAP à une vie extraterrestre. Comme le rappelait le Pentagone lors de ses récents rapports, l'absence d'explication pour certains cas ne vaut pas preuve d'une origine extraterrestre.
Pourtant le choix du professeurs américano-israélien, Avi Loeb, pour diriger ce nouveau conseil scientifique interpelle. Ancien directeur du département d'astronomie de l'Université de Harvard, le professeur Loeb possède un solide bagage académique, marqué par la publication de centaines d'articles sur les trous noirs et la formation des galaxies. Cependant, sa transition vers l'étude des objets volants non identifiés (OVNI) a suscité de vifs débats au sein de la communauté scientifique.
Avi Loeb s'est fait connaître du grand public en 2017 lors de la détection de 'Oumuamua, le tout premier objet interstellaire observé traversant notre système solaire. Alors que la majorité des chercheurs y voyaient une comète, un astéroïde ou un fragment de glace, Loeb a suggéré qu'il pouvait s'agir d'une voile photonique issue d'une technologie extraterrestre. Cette hypothèse, partagée dans un livre à succès, a été fortement critiquée par ses pairs qui lui ont reproché de devancer les preuves scientifiques disponibles.
Par la suite, il a fondé le "Projet Galilée" à Harvard, dont l'objectif est de rechercher des signatures technologiques de civilisations extraterrestres. Dans ce cadre, il a mené une expédition dans l'océan Pacifique, près de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, pour collecter de minuscules sphérules métalliques au fond de la mer, sur le site d'un impact de météore survenu en 2014. Si Loeb avance qu'il pourrait s'agir de débris technologiques interstellaires, d'autres experts estiment qu'il s'agit plus probablement de roche volcanique ou de cendres de charbon.
Malgré son intérêt pour les technologies exogènes, le professeur Loeb aborde ses nouvelles fonctions étatiques sous un angle pragmatique : « C'est une histoire de détective. C'est très amusant, tant que l'on ne prête pas trop attention aux détracteurs. »
Il précise travailler avec l'hypothèse de départ que ces objets sont d'origine humaine et aborde la question sous l'angle de la sécurité nationale. Il rejette par ailleurs les théories du complot relatives à une dissimulation de masse, estimant plutôt que le gouvernement est « simplement confus par son incapacité à déterminer la nature exacte de certains de ces objets ». Il s'est engagé à faire preuve de transparence en créant un site web pour partager les conclusions du conseil, résumant sa philosophie ainsi : « Gardons les yeux sur les boules lumineuses, pas sur les réseaux sociaux. »