Israël

Acte d'accusation contre la fondatrice du mouvement « Tzav 9 »

Reut Ben Haïm est accusée d'avoir entravé la circulation des camions d'aide humanitaire en direction de Gaza, alors que le Hamas y détenait des otages.

3 minutes
2 juillet 2026

ParGuitel Benishay

 Acte d'accusation contre la fondatrice du mouvement « Tzav 9 »
Reut Ben Haïm. Photo by Yonatan Sindel/Flash90

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Un acte d'accusation a été déposé devant le tribunal contre Reut Ben Haïm, habitante de Netivot, mère de huit enfants et l'une des fondatrices de l'organisation « Tzav 9 » qui avait mené la contestation contre le passage des camions d'aide humanitaire vers la Bande de Gaza pendant la guerre et alors que le Hamas détenait des otages. Elle est poursuivie pour entrave à un policier dans l'exercice de ses fonctions et pour avoir provoqué un attroupement sur la voie publique.

Selon l'acte d'accusation, les faits remontent au 27 mai 2025, au carrefour du port d'Ashdod. Reut Ben Haïm participait ce jour-là à une manifestation et à une action de blocage organisée par le mouvement, au cours de laquelle elle s'était assise sur la chaussée avec une autre militante afin d'empêcher le passage de camions d'aide humanitaire en route vers la Bande de Gaza.

Selon l'accusation, les deux femmes auraient refusé de se lever et de dégager la voie malgré les demandes répétées des policiers présents sur place, provoquant ainsi, selon les termes de l'acte d'accusation, un « attroupement sur la voie publique sans motif raisonnable ».

Reut Ben Haïm a réagi après la publication de l'acte d'accusation, affirmant qu'il n'y avait eu « aucune violence » et que les militantes avaient simplement exercé leur droit constitutionnel de manifester dans un État démocratique, qualifiant l'action de « protestation silencieuse, sans incident particulier ».

Le dépôt de l'acte d'accusation a suscité des réactions de la part d'élus de droite comme de gauche.

La députée Yulia Malinovsky (Israel Beitenou) a estimé qu'un tel acte d'accusation devrait plutôt viser le Premier ministre et les ministres du cabinet ayant approuvé la poursuite de l'aide humanitaire vers Gaza, qualifiant la situation de « honte ».

Le député Zvi Sukkot a dénoncé une « aberration totale », estimant qu'il s'agissait d'un cas d'« application sélective de la loi », qu'il a qualifiée de « faute grave », ajoutant qu'il faudrait un jour, selon lui, traduire en justice la procureure générale Gali Baharav-Miara pour son action.

Le ministre des Finances et chef du parti Hatsionout Hadatit, Bezalel Smotrich, a de son côté dénoncé une « décision hypocrite », illustrant selon lui une application sélective de la loi visant particulièrement les militants de droite, affirmant que les autorités n'avaient pas engagé de poursuites comparables contre des manifestants ayant bloqué des routes lors d'autres mouvements de protestation. Le président du parti Noam, le député Avi Maoz, a lui aussi qualifié l'acte d'accusation de « honteux ».

Le mouvement des familles de victimes et de survivants de captivité « Tikva Leumit » a également exprimé son soutien à Reut Ben Haïm, la qualifiant d'« héroïne » et dénonçant ce qu'il a présenté comme une décision déconnectée de la réalité vécue pendant la guerre.

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