Vie politique

La Cour suprême gèle la nomination de Michael Rabello au poste de Contrôleur de l'Etat

Le contrôleur sortant, Matanyahou Englman, quitte ses fonctions le 3 juillet

3 minutes
1 juillet 2026

ParJohanna Afriat

La Cour suprême gèle la nomination de Michael Rabello au poste de Contrôleur de l'Etat
Michael Rabello Yonatan Sindel/Flash90

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La Haute Cour de justice a décidé ce mercredi de suspendre la prise de fonction de Michael Rabello au poste de contrôleur d'État, le temps de statuer définitivement sur les recours visant le vote contesté organisé le mois dernier à la Knesset. Les juges ont indiqué avoir besoin de davantage de temps pour rédiger leur arrêt, promettant de le rendre dans les meilleurs délais.

Le calendrier était pourtant serré : le contrôleur sortant, Matanyahou Englman, quitte ses fonctions le 3 juillet, et Rabello était censé lui succéder dès le lendemain. Cette échéance est désormais suspendue à la décision des juges.

La réaction n'a pas tardé du côté de la coalition. Le ministre des Communications Shlomo Karhi a immédiatement exhorté la Knesset à passer outre l'ordonnance judiciaire et à faire entrer Rabello en fonction sans attendre. Sur X, il a haussé le ton : « Il est temps de dire non à la Haute Cour de Justice ! La Knesset doit se montrer ferme face à ceux qui, ivres de pouvoir, pensent que la Cour suprême est au-dessus des lois, au-dessus de la Knesset et au-dessus du peuple. » Le président de la commission des finances, Hanoch Milwidsky, a tenu un discours similaire, jugeant la décision « illégale » et appelant à l'ignorer purement et simplement.

Un tel bras de fer plonge le pays dans une zone grise institutionnelle : le Bureau du contrôleur d'État se retrouve tiraillé entre les instructions de la justice et celles du Parlement. Un scénario que Rabello lui-même semble peu enclin à provoquer, du moins avant que la Cour ne tranche définitivement.

À l'opposé de l'échiquier politique, la députée Karin Elharrar (Yesh Atid) a salué la décision des juges, estimant qu'elle confirmait le caractère « invalide et corrompu » du vote de la coalition. Les appels à la désobéissance lancés par certains élus de la majorité ne seraient, selon elle, que « le chant du cygne d'un gouvernement raté et nuisible qui disparaîtra bientôt ».

Au cœur de la controverse : les conditions dans lesquelles Rabello, avocat et proche négociateur du Premier ministre Benyamin Netanyahou, a été désigné début juin pour le poste. Le scrutin, censé se tenir à bulletin secret, aurait été entaché d'irrégularités : plusieurs députés du Likoud auraient laissé leur bulletin visible en sortant de l'isoloir, ou se sont filmés ou photographiés en train de voter pour lui — apparemment sur consigne de cadres du parti.

Les auteurs des recours dénoncent une violation de la Loi fondamentale sur le contrôleur d'État, qui impose un vote secret précisément pour garantir l'indépendance politique de cette fonction. Une première audience le 18 juin avait déjà conduit la Cour à recommander fermement à la Knesset d'organiser un nouveau vote « proprement et correctement ». Le président du Parlement, Amir Ohana, avait refusé de s'y plier — ce qui a poussé les juges à convoquer une seconde audience, le 28 juin, devant un collège élargi de cinq magistrats, débouchant sur la décision provisoire de mercredi.

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