Le Premier ministre Binyamin Netanyahou a choqué des familles endeuillées membres du « Conseil d'octobre », à la suite de propos tenus lors de son interview accordée à l'émission Hapatriotim sur la chaine israélienne c14.
Au cours de l'entretien, le journaliste Yinon Magal a demandé à Netanyahou ce qui avait changé en lui depuis l'attaque du 7 octobre. Le Premier ministre a d'abord répondu, sous forme de plaisanterie, en faisant référence à sa forme physique : « J'ai perdu un peu de poids » avant de développer plus longuement sa gestion de la guerre.
Il a ensuite expliqué : « Ce qui s'est passé après le 7 octobre m'a fait comprendre que nous avons un État doté d'une armée, et non l'inverse. Et pratiquement toutes les décisions majeures que j'ai prises, dès la mobilisation des réservistes le premier jour où les services de sécurité voulaient en mobiliser 80 000, puis 100 000, j'ai dit non, mobilisez-les tous. »
Il a ensuite énuméré une série d'opérations sécuritaires menées pendant le conflit : l'élimination des chefs du Hamas, le retour de tous les otages, l'opération des bipeurs, l'élimination du secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah, la destruction des stocks de missiles du Hezbollah, les opérations en Syrie et les frappes contre l'Iran, lors de deux opérations majeures.
Mais c'est le début de sa réponse que beaucoup, dont des familles endeuillées et des journalistes, ont choisi de retenir. La plaisanterie sur son poids a indigné de nombreuses familles ayant perdu un proche le 7 octobre. Yoram Yehoudai, père de Ron Yehoudai, tué lors du massacre au festival Nova, a réagi avec des mots très durs : « Mon fils a été assassiné le 7 octobre. Mon monde s'est arrêté ce jour-là. Et quand on vous demande ce qui a changé en vous depuis, la réponse est "j'ai perdu un peu de poids". Ce n'est pas seulement une réponse blessante, c'est la preuve d'une rupture totale entre celui qui dirige le pays et les gens qui ont tout perdu. Ne nous parlez pas de votre poids, dites-nous plutôt comment vous assumez votre responsabilité dans ce qui est arrivé à nos enfants. »
Eyal Eshel, père de la guetteuse Roni Eshel, tombée le 7 octobre, a lui aussi réagi, avec une ironie amère : « Moi aussi j'ai perdu du poids depuis le 7 octobre. On n'a plus d'appétit quand on élève une fille morte. »