Israël

À deux pas de Jérusalem, la renaissance d’une source antique

À quelques minutes de Jérusalem, les bassins byzantins d’Ein Chania ont retrouvé leur eau. Un lieu simple, presque secret, où l’histoire d’Israël se touche du bout des pieds.

2 minutes
30 juin 2026

ParDelphine Miller

À deux pas de Jérusalem, la renaissance d’une source antique
Les bassins byzantins d’Ein Chania (screenshot)

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À Ein Chania, dans la vallée de Refaïm, les enfants ne voient d’abord qu’un bassin de pierre, de l’eau fraîche et un petit tunnel à traverser encore et encore. Ils rient, s’éclaboussent, recommencent. Eux ne pensent ni aux Romains, ni aux Byzantins, ni aux archéologues. Ils savent seulement que l’eau est froide, que le lieu est beau, et qu’il leur appartient un peu.

Pourtant, ce petit coin des collines de Jérusalem raconte une histoire bien plus grande. Les fouilles menées par l’Autorité des antiquités d’Israël ont mis au jour à Ein Chania l’un des systèmes hydrauliques antiques les plus impressionnants du pays : une fontaine monumentale d’époque romaine, deux bassins byzantins datant des IVe-VIe siècles, des canaux d’irrigation, des terrasses agricoles restaurées et même des traces plus anciennes, liées à la période du Premier Temple. Le site est aujourd’hui intégré au Parc national des Monts de Judée et géré par l’Autorité israélienne de la nature et des parcs.

Ce qui frappe, ici, ce n’est pas seulement la beauté du lieu. C’est cette sensation rare de voir un paysage reprendre sa fonction. L’eau coule à nouveau dans les anciens bassins, les terrasses ont été dégagées, les arbres fruitiers replantés, les canaux remis en état. Ce qui fut un système agricole et spirituel vivant redevient, sous les yeux des visiteurs, un lieu de vie.

Ein Chania n’a pas la mer de Tel-Aviv, ni le sable, ni les parasols. Il offre autre chose : une eau de montagne, une pierre ancienne, un silence interrompu par les rires des enfants. Dans ce bassin byzantin, l’histoire n’est pas enfermée derrière une vitrine. Elle se traverse pieds nus.

C’est peut-être cela, la force du lieu. À Ein Chania, le retour n’est pas une idée abstraite. Il prend la forme d’une source remise en mouvement, d’un canal dégagé, d’un enfant qui plonge dans une eau que d’autres ont connue quinze siècles avant lui. Une terre ancienne qui ne se contente pas d’être racontée : elle recommence à couler.

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