L'avant-poste Shirat Tsion situé près de Kedoumim en Judée-Samarie a été évacué cette nuit (lundi à mardi) par les forces de sécurité israéliennes.
Vers une heure du matin, les habitants ont repéré une colonne inhabituelle de véhicules approchant du site, accompagnée d'inspecteurs de l'Administration civile et d'engins de génie civil. Peu après, les forces ont entamé la démolition des structures du campement à l'aide d'un bulldozer mécanique.
Un adolescent résidant sur la colline a attaché sa jambe à une structure métallique scellée au toit de l'un des bâtiments pour s'opposer physiquement à la démolition. Selon les habitants, les policiers l'auraient frappé violemment pour le maîtriser.
Après plusieurs heures de tension, durant lesquelles de nombreux habitants des localités environnantes sont arrivés sur place pour protester contre les destructions, les forces de sécurité ont finalement quitté les lieux. Deux habitants de la zone ont été interpellés pour interrogatoire après les affrontements.
Au-delà des bâtiments d'habitation, les habitants rapportent des dégâts étendus aux infrastructures du site : le système électrique solaire aurait été mis en pièces par des pierres lourdes lancées par les policiers des gardes-frontières, tandis que les réservoirs d'eau auraient été tailladés au couteau.
Les habitants ont dénoncé ce qu'ils décrivent comme une campagne systématique pour détruire des avant-postes, Shirat Tsion a d'ailleurs déjà été évacuée à plusieurs reprises. Ils affirment être montés sur cette colline, située en zone B, dans une démarche revendiquée comme visant à « abolir les crimes d'Oslo » et à restaurer la sécurité sur l'ensemble du territoire israélien. Ils ont lancé un appel direct au commandant du commandement du secteur Centre, le général Avi Blut, ainsi qu'au président du conseil régional de Samarie Yossi Dagan, pour qu'ils interviennent afin de stopper les démolitions visant ces avant-postes.