Vie politique

Loi sur les visites de la Croix Rouge aux terroristes: les députés en viennent aux mains

Lors d'une séance houleuse, la Knesset a rejeté la loi visant à interdire les visites de la Croix Rouge aux terroristes emprisonnés en Israël.

4 minutes
30 juin 2026

ParGuitel Benishay

Loi sur les visites de la Croix Rouge aux terroristes: les députés en viennent aux mains
Photo by Wisam Hashlamoun/FLASH90

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La séance à la Knesset sur la loi visant à interdire les visites de la Croix Rouge aux terroristes emprisonnés en Israël s'est tenue cette nuit (lundi à mardi) dans une ambiance électrique et s'est soldée par un échec pour la coalition.

Le texte, porté notamment par les députées Galit Distel Atbaryan et Katy Shitrit du Likoud, visait à modifier l'ordonnance sur les prisons afin d'empêcher l'entrée des représentants du Comité international de la Croix-Rouge dans les prisons et les lieux de détention. Concrètement, la loi devait interdire l'accès des représentants de l'organisation humanitaire aux centres de détention du Shin Bet et de Tsahal, ainsi que la transmission d'informations sur les détenus sécuritaires, sauf autorisation du ministre de la Sécurité nationale ou du ministre de la Défense, et sous réserve de considérations sécuritaires.

Le scrutin s'est soldé par un échec pour la coalition : le texte a recueilli le soutien de 36 députés contre 41 votes hostiles. Conséquence directe de ce rejet en première lecture, la proposition ne pourra plus être représentée à la Knesset avant six mois, rendant le sujet politiquement clos pour la session en cours.

À l'origine de cet échec, une fronde interne à la coalition. Les partis orthodoxes, tout en se déclarant favorables sur le fond, ont choisi de boycotter le vote pour faire pression sur un autre dossier explosif : celui de la loi sur l'enrôlement des étudiants en yeshiva. Le parti Shass a expliqué sa position en accusant le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir d'avoir rompu un accord politique : le parti affirmait soutenir la loi mais avoir proposé de la présenter mercredi, afin de pouvoir l'approuver immédiatement après l'adoption de la loi fondamentale sur l'étude de la Torah, comme cela avait été convenu avec le président de la coalition.

Ben Gvir a vivement rejeté ces accusations, affirmant que contrairement aux affirmations du parti Shass, il n'était pas possible de soumettre la loi au vote mercredi puisque l'opposition n'était pas d'accord. Le ministre est allé plus loin sur les réseaux sociaux après le vote, en publiant une image générée par intelligence artificielle représentant le chef du Shass Aryeh Deri porté sur les épaules de Palestiniens, accompagnée d'un message sarcastique le remerciant ironiquement d'avoir permis aux « terroristes de la Nukhba » de bénéficier des visites de la Croix-Rouge.

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La séance a également été marquée par un incident très commenté : un échange tendu, frôlant l'affrontement physique, entre le président de la coalition Ofir Katz et le député arabe israélien Ayman Odeh. Les huissiers ont dû s'interposer pour séparer les deux hommes après que Katz a lancé à Odeh : « Tu es là pour servir les Nukhba contre le peuple d'Israël », provoquant une réplique tout aussi virulente du député, qui l'a traité de « Judéo-nazi » avant que Katz ne lui rétorque le qualificatif de « terroriste ». D'autres élus, dont Tally Gotliv et Tzvi Sukkot, se sont mêlés à l'altercation, tandis que le ministre Ben Gvir s'en est lui aussi pris verbalement aux députés arabes présents dans l'hémicycle.

Depuis le début de la guerre, Israël a suspendu les visites de la Croix-Rouge aux prisonniers palestiniens dès le premier jour du conflit, le 7 octobre 2023, tandis que les conditions de détention des prisonniers sécuritaires ont été considérablement durcies à l'initiative du ministre Ben Gvir. Cette politique s'est maintenue malgré les critiques d'organisations de défense des droits humains, qui ont saisi la Cour suprême en 2024 pour exiger la reprise des visites. Le 3 juin dernier, la Cour a annulé à l'unanimité la politique concernant la Croix Rouge ce qui a entrainé l'action du législateur.

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