« Je ne serai président que quelques semaines encore, puis je démissionnerai », a déclaré Vučić lors d'un rassemblement de soutien organisé à Belgrade. Il a également indiqué qu'il mènerait son parti, le Parti progressiste serbe -SNS-, dans la campagne des prochaines élections législatives qui auront donc lieu plus d'un an avant la date prévue.
Une annonce qui intervient après près d'un an et demi de manifestations déclenchées par l'effondrement de l'auvent de la gare de Novi Sad, en novembre 2024, catastrophe qui avait fait seize morts. Depuis, des dizaines de milliers de Serbes dénoncent la corruption, les dysfonctionnements de l'État et réclament le départ du président.
Malgré l'effet de surprise, il ne s'agit toutefois pas d'un véritable retrait de la vie politique. La Constitution serbe interdit à Vučić de briguer un troisième mandat présidentiel consécutif. En revanche, rien ne l'empêcherait de revenir au poste de Premier ministre si son parti remportait les élections législatives. Le président pourrait également faire élire un proche à la présidence tout en continuant à exercer le pouvoir depuis le gouvernement, une stratégie qui lui permettrait de contourner la limitation constitutionnelle des mandats.
L'opposition dénonce déjà une « manœuvre politique » destinée à préserver son influence. Son dirigeant Savo Manojlović estime que Vučić cherche à reprendre l'initiative alors que les mouvements étudiants et les manifestations bénéficient d'un soutien populaire croissant. Plusieurs sondages donnent désormais les partis d'opposition légèrement en tête.
Figure controversée en Europe, Aleksandar Vučić est considéré comme l'un des principaux alliés d'Israël dans les Balkans. Sous sa présidence, les relations entre Belgrade et Jérusalem se sont considérablement renforcées, notamment dans le domaine de la coopération sécuritaire et des achats d'équipements militaires israéliens.