Vie politique

L'opposition critique l'accord conclu entre Israël et le Liban

« Le prochain conflit ne sera qu’une question de temps », a estimé Avigdor Lieberman

3 minutes
27 juin 2026

ParJohanna Afriat

L'opposition critique l'accord conclu entre Israël et le Liban
Yair Golan Photo : Flash90

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L’accord-cadre conclu entre Israël et le Liban suscite de vives réserves au sein de l’opposition, dont plusieurs responsables estiment qu’il ne garantit pas un affaiblissement durable du Hezbollah ni la sécurité des habitants du nord d’Israël.

Le leader de l'opposition, Yaïr Lapid  a déclaré : « L’accord avec le Liban permet la poursuite des transferts financiers de l’Iran au Hezbollah et ne fixe aucun calendrier pour le désarmement de ce dernier. Netanyahou a une fois de plus accepté de se retirer du territoire libanais sans rien recevoir en retour et sans parvenir à une séparation nette entre les zones iranienne et libanaise. »

L’ancien Premier ministre Naftali Bennett a appelé à juger l’accord à l’aune de ses résultats sur le terrain plutôt que de ses déclarations. Selon lui, le véritable test sera de savoir si Kiryat Shmona, Metula et les autres localités frontalières pourront être reconstruites et retrouver une vie normale « avant le Hezbollah », permettant aux habitants de vivre sans craindre une nouvelle menace.

Le président du parti Les Démocrates, Yaïr Golan, s’est montré plus sévère encore. « Une organisation terroriste ne dépose pas les armes simplement parce que c’est écrit sur un papier », a-t-il affirmé. Selon lui, la sécurité du nord ne pourra être assurée qu’à travers des mesures concrètes : éloigner le Hezbollah au nord du Litani, empêcher le déploiement d’armes à longue portée au sud de l’Awali et mettre en place une force internationale dotée de véritables moyens de coercition.

Le président d’Israël Beiteinou, Avigdor Lieberman, a pour sa part salué le dialogue entre Israël et le Liban, tout en avertissant que la menace persisterait tant que le Hezbollah conserverait ses capacités militaires. « Le prochain conflit ne sera qu’une question de temps », a-t-il estimé, appelant le gouvernement libanais à reprendre le contrôle de l’ensemble de son territoire en désarmant le mouvement chiite.

Voix discordante notable : Benny Gantz, chef du parti Bleu Blanc, a été le seul dirigeant d'opposition à saluer l'accord : « S'il est effectivement mis en œuvre, cet accord représente une avancée majeure pour Israël. Il prouve que la pression militaire, conjuguée à une présence diplomatique, est la voie à suivre. L'accord repose sur trois principes fondamentaux : il protège les habitants du nord contre la menace des missiles antichars et d'une invasion, il consacre notre droit de contrôler ce territoire et d'agir en légitime défense, et il met fin à la dépendance de Beyrouth vis-à-vis de Téhéran. »

Le Premier ministre Benyamin Netanyahou défend un accord qu’il présente comme une avancée stratégique. Il assure qu’Israël conservera sa zone de sécurité au sud du Liban et que Tsahal continuera d’y opérer « aussi longtemps que le Hezbollah ne sera pas désarmé et que la menace contre Israël subsistera ». Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a lui aussi salué un accord qui, selon lui, traduit un changement profond de la doctrine sécuritaire israélienne et préserve la liberté d’action de l’armée contre le Hezbollah.

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