Vie politique

La Cour suprême propose un nouveau scrutin pour désigner le contrôleur de l'Etat

Un recours avait été déposé contre l'élection de Michaël Rabello en raison de supposées irrégularités dans le vote des députés.

3 minutes
18 juin 2026

ParGuitel Benishay

La Cour suprême propose un nouveau scrutin pour désigner le contrôleur de l'Etat
Michael Rabello. Photo by Yonatan Sindel/Flash90

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Les juges de la Cour suprême ont recommandé à la Knesset d'examiner la possibilité d'organiser un nouveau scrutin pour l'élection du contrôleur de l'État, après plusieurs recours contestant la désignation de l'avocat Michael Rabello. Les parties disposent jusqu'à dimanche pour présenter leurs observations sur cette proposition.

Michael Rabello a été élu il y a environ deux semaines lors d'un vote à bulletin secret au sein de la Knesset. Au premier tour, l'ancien juge Yossef Elron avait obtenu 60 voix contre 57 pour Michael Rabello. Aucun candidat n'ayant atteint la majorité requise de 61 députés, un second tour avait été organisé.

Lors de ce second scrutin, Michael Rabello avait finalement recueilli 61 voix contre 57 pour Yossef Elron, assurant ainsi son élection au poste de contrôleur de l'État d'Israël.

Au cœur des recours examinés par la Cour suprême figurent des accusations selon lesquelles certains députés du Likoud auraient été invités à photographier leur bulletin de vote derrière l'isoloir afin de s'assurer qu'ils votent pour Michael Rabello, le candidat soutenu par Binyamin Netanyahou. Les requérants estiment que cette pratique porte atteinte au caractère secret du scrutin.

Le juge Noam Solberg a indiqué que cette question constituait le principal point du débat. La juge Ruth Ronen s'est interrogée sur le fait de savoir si la prise de photographies entraînait automatiquement l'annulation de l'élection, évoquant également la possibilité que les députés ayant modifié leur vote entre les deux tours aient simplement changé d'avis.

Selon les requérants, les photographies prises lors du second tour auraient servi de « test de loyauté » politique. Ils soulignent que ces pratiques n'avaient pas été observées lors du premier tour, ce qui, selon eux, pourrait indiquer l'existence d'une consigne donnée aux parlementaires.

Ils réclament également l'interdiction de l'introduction de téléphones ou de caméras dans les isoloirs, estimant que toute documentation du vote crée une pression collective incompatible avec le principe du scrutin secret.

Interrogée par les magistrats, la représentante du service juridique de la Knesset a assuré qu'aucune preuve concrète ne permettait d'établir qu'une instruction avait été donnée aux députés pour photographier leur vote.

Après vérification auprès des responsables concernés, les services de la Knesset n'ont relevé aucun élément venant étayer ces accusations, au-delà de rumeurs et de témoignages indirects.

Les recours mettent également en avant un éventuel conflit d'intérêts, Michael Rabello ayant été l'avocat du Premier ministre Binyamin Netanyahou et ayant travaillé au sein du cabinet de David Shomron, proche du chef du gouvernement.

Les juges Ruth Ronen et Gila Kanfei-Steinitz ont toutefois demandé pourquoi un accord de prévention des conflits d'intérêts ne permettrait pas de résoudre cette difficulté. Michael Rabello a répondu qu'en vertu de la législation et des restrictions qui lui seraient imposées, il serait en mesure d'exercer ses fonctions de manière conforme et indépendante.

Les magistrats ont également souligné qu'une annulation de l'élection en raison d'une violation du secret du vote pourrait créer un précédent susceptible d'encourager, à l'avenir, des tentatives de perturbation ou de contestation systématique des scrutins.

Les requérants rétorquent que l'affaire actuelle dépasse le cadre d'incidents isolés et qu'il s'agit, selon eux, d'un phénomène suffisamment important pour justifier l'invalidation de la procédure électorale.

La Cour suprême doit maintenant examiner les réponses des différentes parties avant de décider si elle poursuivra l'examen de la procédure et si la recommandation d'un nouveau vote pour l'élection du contrôleur de l'État doit être suivie.

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