L’accord entre les États-Unis et l’Iran n’est pas encore public, mais la bataille diplomatique de l’après a déjà commencé. En marge du G7 à Évian, Donald Trump a affirmé à Emmanuel Macron que le texte serait publié « quelque temps après vendredi ». Son vice-président, JD Vance, devrait assister à la cérémonie de signature, tandis que le président américain n’a pas encore confirmé sa propre présence.
Trump veut présenter cet accord comme une victoire : selon lui, « les vannes ont été complètement ouvertes » et l’Iran « n’aura pas l’arme nucléaire ». Mais la France, elle, cherche déjà à poser un cadre. Sur X, Emmanuel Macron a salué l’accord, tout en appelant à sa « mise en œuvre rapide et complète par tous les belligérants ».
Pour Paris, le premier test sera Ormuz. Macron exige une réouverture urgente et inconditionnelle du détroit, sans restriction ni péage, afin de rétablir le trafic maritime. La mission internationale mise en place avec le Royaume-Uni est prête à accompagner cette étape, assure le président français.
Mais le vrai enjeu est plus large. Macron veut que l’accord serve de point de départ à une négociation globale sur le programme nucléaire iranien, ses missiles balistiques et sa politique de déstabilisation régionale. Autrement dit, Paris applaudit l’accord de Trump, mais refuse qu’il se limite à une simple désescalade de façade.
Le Liban s’impose déjà comme le prochain dossier sensible. Trump a affirmé vouloir « régler la situation » et a même évoqué « une petite discussion avec le Hezbollah ». Macron, lui, insiste sur le soutien aux autorités libanaises et sur la restauration de la souveraineté de l’État, seul capable, selon lui, de garantir la stabilité du pays.
Derrière les sourires du G7, deux lignes se dessinent donc : Trump veut aller vite et afficher un accord historique avec Téhéran ; Macron veut s’assurer que cet accord ne laisse pas intactes les menaces iraniennes au Moyen-Orient.