Culture

Découverte archéologique exceptionnelle près de Binyamina

Deux statues en marbre vieilles d'environ 1 700 ans, représentant des personnages historiques du monde gréco-romain, ont été mises au jour à Binyamina.

3 minutes
15 juin 2026

ParGuitel Benishay

Découverte archéologique exceptionnelle près de Binyamina
Photo: Yuli Schwartz, Autorité des Antiquités

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À proximité de Binyamina, dans le nord d'Israël, deux sculptures en marbre représentant des figures de l'Antiquité gréco-romaine ont surgi du sol lors de travaux d'infrastructure ferroviaire. Âgées d'environ 1 700 ans, elles reposaient face contre terre au fond d'une ancienne cuve de pressoir à vin.

Tout a commencé de la manière la plus banale qui soit : des ouvriers travaillant à l'extension de la ligne ferroviaire côtière, sous la supervision de l'Autorité des antiquités d'Israël, remarquent quelque chose d'inhabituel qui affleure du sol. Michael Sorotzkin, archéologue présent sur place, se souvient de l'instant : « On avait le sentiment qu'on allait trouver quelque chose qui n'était pas censé se trouver là. Puis on a réalisé que ce n'était pas de la céramique ordinaire, c'était du marbre. Lentement, les deux statues sont apparues. Je peine encore à trouver mes mots. C'est tout simplement stupéfiant. »

Les deux œuvres, taillées à l'époque romaine, ne se trouvaient pas à leur emplacement d'origine. Elles avaient été délibérément déposées, avec soin, dans une cuve creusée dans le roc qui servait autrefois à recueillir le jus de raisin lors des vendanges. Pourquoi ? Nul ne le sait encore. Les responsables de la fouille, Eliran Oren et Avishag Rais, avancent une hypothèse : quelqu'un aurait pu les y cacher pour les mettre à l'abri d'une menace, d'une destruction, d'un pillage. Une précaution qui aura contribué à les préserver.

L'une des statues a livré un indice précieux : une inscription en grec portant le nom « Lycurgue ». S'agit-il de Lycurgue, le légendaire fondateur de Sparte ? Ou de Lycurgue d'Athènes, éminent homme d'État du IVe siècle avant notre ère ? Les chercheurs ne tranchent pas encore, et les études ne font que commencer.

Ce qui est certain, c'est que ces sculptures n'avaient rien d'ordinaire. Selon le Dr Peter Gendelman, spécialiste de la région de Césarée à l'Autorité des antiquités, ce type de portraits en marbre ornait à l'époque les grands édifices publics ou les demeures fastueuses de l'élite romaine. Une villa cossue devait se dresser quelque part dans les environs. La découverte s'inscrit par ailleurs dans une série de trouvailles similaires réalisées ces dernières années dans cette même région.

Les deux statues vont désormais entrer dans une longue phase de nettoyage, de restauration et d'analyse scientifique. Les spécialistes espèrent percer les derniers secrets de leur identité et reconstituer l'histoire de leur mystérieux enfouissement.

Le grand public pourra les admirer pour la première fois le 18 juin prochain, lors du colloque archéologique BeMerkazVII au Musée d'Israël de Tel-Aviv, avant une exposition publique prévue tout au long de l'été.

Le ministre du Patrimoine, Amichaï Eliahou, a salué la découverte : « Un instant on travaille sur un chantier moderne, et l'instant d'après une fenêtre s'ouvre sur des vies vieilles de plusieurs siècles. C'est cela, la force de l'archéologie. »