Le gouvernement israélien a décrété ce matin (lundi) de prolonger l'état d'urgence sur le front intérieur jusqu'au 30 juin. Concrètement qu'est-ce que c'est et qu'est-ce que cela signifie?
Le concept a été officiellement inscrit dans la loi sur la protection civile en 1997. Il est né des enseignements tirés de la guerre du Golfe (1991) et des vagues de roquettes sur le nord du pays.
Avant cette loi, la législation israélienne ne connaissait que "l'état d'urgence national" global. Il manquait un outil intermédiaire, plus flexible, capable de s'appliquer à une région spécifique (le Sud, le Nord, ou le Centre) sans paralyser l'ensemble du pays.
Ce statut légal permet à l'État de basculer instantanément d'une démocratie de temps de paix à une gestion de crise ultra-centralisée, afin de protéger les citoyens tout en préservant l'économie.
L'état d'urgence sur le front intérieur est déclaré par le gouvernement ou directement par le ministre de la Défense.
Il est activé lorsque la population civile subit, ou risque de subir, une attaque prolongée et de grande ampleur.
Il peut être décrété pour une zone géographique précise ou s'étendre à tout le territoire.
Sa durée initiale est limitée, mais elle peut être prolongée avec l'accord du Parlement.
Dès que ce statut est activé, l'armée, via le Commandement du Front intérieur, prend le contrôle de la gestion quotidienne de la zone concernée. Ses ordres deviennent contraignants pour les civils :
Directives de sécurité : L'armée peut ordonner la fermeture des commerces, interdire les rassemblements publics, et obliger les citoyens à rester à proximité des abris anti-atomiques/anti-missiles.
Ouverture des abris : Les municipalités et les syndics d'immeubles ont l'obligation légale d'ouvrir et de rendre accessibles tous les abris publics et privés.