Alors que Washington et Téhéran pourraient signer un mémorandum d'accord ce dimanche portant sur le devenir du programme nucléaire iranien, de nouvelles informations de renseignement américaines suggèrent que la République islamique multiplie les mesures destinées à rendre son stock d’uranium enrichi plus difficile d’accès.
Selon un rapport de CNN publié samedi et fondé sur des sources proches des services de renseignement américains, l’Iran aurait ces dernières semaines renforcé la sécurisation de plusieurs sites nucléaires stratégiques en scellant des tunnels souterrains, en provoquant leur effondrement et en minant certaines voies d’accès. Ces mesures compliqueraient considérablement toute tentative de récupération des centaines de kilogrammes d’uranium enrichi stockés dans le pays.
Les principaux stocks seraient répartis entre plusieurs installations nucléaires, notamment à Ispahan, Natanz et Fordow. Selon les sources citées par la chaîne américaine, ces nouvelles fortifications rendent désormais toute opération d’extraction particulièrement complexe, longue et dangereuse.
Ces révélations interviennent au lendemain d’un autre rapport de CNN affirmant que l’armée américaine avait préparé un projet d’opération terrestre visant à s’emparer de l’uranium iranien, avant que Donald Trump ne décide finalement d’y renoncer.
Dans le message publié samedi soir pour annoncer la signature imminente du mémorandum sur un protocole d'accord, le président américain a souligné qu’une fois le calme revenu, les États-Unis récupéreraient l’uranium enrichi enfoui sous les installations nucléaires iraniennes afin de le diluer et de le détruire.
Les mesures prises par Téhéran pourraient ainsi avoir des conséquences sur les discussions en cours avec les États-Unis. Selon plusieurs experts, l’Iran pourrait désormais invoquer l’impossibilité technique d’accéder à certaines réserves, voire affirmer qu’elles ont été endommagées ou détruites.
La communauté internationale estime qu’une part importante de l’uranium enrichi iranien se trouve dans des tunnels du complexe nucléaire d’Ispahan, dont plusieurs accès auraient été obstrués.
Des images satellites analysées ces dernières semaines semblent corroborer ces évaluations. Selon l’Institute for Science and International Security, les entrées de plusieurs tunnels situés à proximité du site de Natanz ont été recouvertes de matériaux destinés à empêcher ou ralentir fortement l’accès des véhicules. Les experts soulignent que l’ouverture de ces passages nécessiterait désormais l’utilisation d’engins de chantier lourds.