Le tabagisme continue de représenter un défi majeur de santé publique en Israël. Selon le rapport annuel 2025 du ministère de la Santé, publié lundi, près d’un adulte sur quatre fume régulièrement, tandis que l’usage des cigarettes électroniques progresse rapidement chez les jeunes, avec une baisse préoccupante de l’âge de la première expérimentation.
D’après les données officielles, 23,1 % des adultes israéliens sont fumeurs. Les écarts restent marqués entre les différents groupes de population : 46,2 % des hommes arabes déclarent fumer, contre 27,5 % des hommes juifs. Chez les femmes, les taux atteignent 15,7 % dans la population juive et 13 % dans la population arabe.
La principale source d’inquiétude concerne toutefois les adolescents. Pour la première fois, davantage de jeunes déclarent avoir essayé la cigarette électronique que la cigarette traditionnelle. Près de 20 % des jeunes interrogés affirment avoir déjà vapoté, contre 19 % pour la cigarette classique. Quelque 17 % disent avoir utilisé une cigarette électronique au cours du mois précédent.
Le ministère de la Santé souligne également un rajeunissement continu de l’âge d’initiation. Les premières expérimentations sont désormais observées dès l’école primaire. Dans la population arabe, un quart des enfants ont déjà essayé un produit du tabac avant l’âge de 10 ans. Chez les enfants juifs, cette proportion atteint 9 %. Les jeunes haredim figurent également parmi les groupes les plus exposés à une initiation précoce.
Les autorités sanitaires s’inquiètent particulièrement du succès des cigarettes électroniques et des sachets de nicotine, souvent présentés dans des emballages attractifs et proposés dans des saveurs sucrées appréciées des plus jeunes. Selon les estimations de l’Organisation mondiale de la santé, un adolescent sur trois qui utilise régulièrement la cigarette électronique finira par devenir fumeur de tabac.
Le coût humain demeure considérable. Selon le rapport, plus de 12 000 décès étaient attribuables au tabagisme en Israël en 2022, dont près de 900 liés au tabagisme passif.