Israël

Les partis orthodoxes poussent pour l'adoption d'une Loi fondamentale sur l’étude de la Torah

L'opposition dénonce une tentative de modifier l’équilibre entre service militaire et étude en yeshiva

3 minutes
9 juin 2026

ParJohanna Afriat

Les partis orthodoxes poussent pour l'adoption d'une Loi fondamentale sur l’étude de la Torah
Etudiants de Yeshiva Photo : Flash90

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À la demande des partis orthodoxes, la Knesset doit examiner en première lecture une nouvelle Loi fondamentale consacrée à l’étude de la Torah. Présentée par ses promoteurs comme une affirmation du caractère juif de l’État et de l’importance de l’étude religieuse, elle avait suscité dans sa première mouture un tollé dans les rangs de l'opposition, qui y voyaient une tentative de modifier l’équilibre entre service militaire et étude en yeshiva.

Face aux critiques, c'est finalement une version remaniée qui sera présentée aux députés. Le Comité ministériel de la législation a ainsi approuvé l'examen d'une version révisée et consensuelle du projet de « Loi fondamentale : Étude de la Torah », qui consacre l'importance du monde des yechivas sans porter atteinte au statut public de ceux qui servent la patrie. Cet accord officiel a été conclu après que les partis Likoud et Sionisme religieux ont exigé la suppression intégrale de l'article 2 initial, qui visait à assimiler le statut et les conditions des étudiants de yechiva à ceux des soldats de Tsahal.

Le texte d'origine à l'origine de la polémique était particulièrement bref. Alors que son premier article définit l’étude de la Torah comme une « valeur fondamentale du patrimoine du peuple juif », le second affirmait que l’État d’Israël doit encourager l’étude de la Torah et reconnaît ceux qui s’y consacrent durablement comme accomplissant un « service significatif » envers l’État et le peuple juif.

Les opposants au second article estimaient dès lors qu’il pourrait ouvrir la voie à une assimilation progressive du statut des étudiants de yeshiva à celui des soldats de Tsahal.

Les partisans du texte d'origine soulignaient toutefois qu’il s’agissait avant tout d’une loi déclarative, sans conséquence immédiate sur la législation existante. Selon cette lecture, ni les règles de conscription ni les droits accordés aux étudiants des yeshivas ne seraient automatiquement modifiés. Toute tentative d’en tirer des conséquences pratiques devrait, en outre, être soumise à l’examen de la Cour suprême.

D’autres juristes estimaient néanmoins que l’inscription de ce principe dans une Loi fondamentale pourrait avoir des effets indirects. Des ministères auraient pu ainsi s’appuyer sur ce texte pour étendre certains avantages accordés aux militaires – notamment dans les domaines du logement, des transports ou de certaines aides publiques – aux étudiants de yeshiva.

Les détracteurs de la réforme redoutaient également que cette loi ne serve, à terme, à rétablir certains avantages retirés aux étudiants haredim après l’annulation par la Cour suprême de la précédente loi sur la conscription.

Au-delà de ses conséquences juridiques encore incertaines, le texte revêt une forte dimension politique. Pour les partis haredim, il s’agit de démontrer à leur électorat que la défense du monde des yeshivas reste une priorité, alors que la question de la conscription continue de provoquer des tensions croissantes au sein de la société israélienne.

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