Le parti Yashar, dirigé par Gadi Eisenkot, a publié ce jeudi son programme politique en vue des prochaines élections.
En tête des priorités figure la création d'une commission d'enquête d'État sur le massacre du 7 octobre et la décennie qui l'a précédé, assortie d'un vaste programme de réhabilitation pour les victimes, leurs familles et les communautés du Néguev occidental et du Nord.
Sur le plan sécuritaire, le parti propose d'abandonner la politique du « pansement » au profit d'un nouveau concept de sécurité national et systématique, incluant le renforcement de Tsahal, la fortification des frontières et la recherche d'une extension du cercle de paix.
Sur le plan diplomatique et sécuritaire, Eisenkot rejette à la fois la création immédiate d’un État palestinien et l’annexion complète de la Judée-Samarie. Selon lui, la reconnaissance d’un État palestinien dans les circonstances actuelles constituerait un risque sécuritaire majeur, tandis qu’une souveraineté israélienne totale sur ces territoires pourrait conduire à un État binational et menacer la majorité juive en Israël.
La question du service militaire des Haredim, l'un des sujets les plus clivants de la société israélienne, est également au cœur du programme : Yashar entend faire adopter une loi de « service national pour tous », intégrant les populations orthodoxes et arabes à l'armée ou au service civil, sur la base d'une égalité des droits et des devoirs. Le plan prévoit qu’au maximum 3 % de chaque classe d’âge puisse bénéficier d’une exemption afin de poursuivre des études religieuses dans les yeshivot
Le programme aborde aussi l'éducation publique — avec un accent sur la revalorisation des enseignants et l'introduction de matières fondamentales communes —, la lutte contre le crime organisé, le démantèlement des monopoles économiques, et des mesures d'urgence en faveur du logement et du pouvoir d'achat de la « classe laborieuse et productive ».
Soucieux de répondre à la crise de confiance qui touche les institutions, Eisenkot défend une réforme judiciaire fondée sur un large consensus national. Contrairement aux projets portés par la coalition actuelle, il propose un renforcement de l’indépendance de la Knesset et l’adoption d’une Loi fondamentale sur la législation destinée à clarifier les rapports entre les pouvoirs. Le chef de « Yashar » s’engage également à faire adopter une loi limitant à deux mandats la durée d’exercice du Premier ministre.