Le président de la Cour suprême israélienne, Itshak Amit, a vivement condamné ce jeudi la manifestation violente survenue devant le domicile du vice-président de la Cour suprême, le juge Noam Solberg. Dans une lettre officielle diffusée au lendemain des incidents, il a dénoncé des actes qu’il qualifie d’« événement sans précédent par sa gravité » et de « franchissement d’une ligne rouge ».
Selon les informations communiquées par la présidence de la Cour suprême, le rassemblement a dégénéré en violences et provoqué des dégâts matériels dans la résidence du juge Solberg. Au moment des faits, plusieurs membres de sa famille, dont ses enfants et ses petits-enfants, se trouvaient à l’intérieur du domicile.
Itshak Amit a souligné la gravité de la situation, estimant que les événements dépassaient largement le cadre d’une manifestation démocratique et relevaient d’une atteinte directe aux institutions judiciaires.
Dans son courrier, le président de la Cour suprême affirme que ces agissements ne visent pas uniquement le juge Noam Solberg à titre personnel. Selon lui, ils constituent « une attaque contre l’ensemble du système judiciaire et contre l’État de droit en Israël ».
Itshak Amit a également tenu à adresser un message de fermeté : « Les tentatives visant à exercer des pressions, à intimider ou à dissuader les juges n’auront aucune influence sur l’exercice de leurs fonctions », a-t-il déclaré, réaffirmant l’engagement de la magistrature israélienne à agir « de manière indépendante et sans crainte ».
Le grand rabbin d'Israël, le Rav Kalman Ber, s'est aussi élevé contre ces violences: « Ces derniers temps, nous sommes témoins de phénomènes de violence et de vandalisme dans l’espace public comme dans la sphère privée. La racine du problème réside dans le fait que certaines valeurs sont privilégiées au détriment d’autres. La liberté de manifester ne peut pas justifier une atteinte à autrui. Cette approche nous conduit à des conséquences graves. Nous sommes arrivés à une situation où chacun peut se retrancher derrière le concept de “liberté” et s’autoriser, parce qu’il pense avoir raison, à exprimer son opinion et ses positions tout en causant du tort aux autres », a écrit le grand rabbin.