Alors que les frappes américaines et israéliennes de juin 2025 avaient pour objectif affiché de freiner le programme nucléaire iranien, une nouvelle mise en garde de l’Agence internationale de l’énergie atomique -AIEA- vient jeter le doute sur leur efficacité à long terme, à quelques jours de la réunion du Conseil des gouverneurs de l’AIEA prévue le 8 juin à Vienne.
Selon un document confidentiel révélé par Bloomberg, l’AIEA estime que le risque de voir l’Iran détourner une partie de son uranium enrichi à des fins militaires est aujourd’hui plus élevé qu’avant le déclenchement de la guerre de douze jours entre Israël, les États-Unis et la République islamique.
Avant les frappes, les stocks d’uranium enrichi de l’Iran faisaient l’objet d’inspections hebdomadaires destinées à vérifier qu’ils n’étaient pas utilisés à des fins militaires. Depuis les bombardements, ce niveau de contrôle n’existe plus. Les inspecteurs de l’AIEA n’ont toujours pas pu retourner sur plusieurs sites stratégiques endommagés, notamment à Fordo, Ispahan et Natanz.
D’après deux diplomates occidentaux cités par Bloomberg, plus les stocks d’uranium restent longtemps hors du champ de vérification de l’agence, plus le risque augmente qu’une partie de ces matières soit détournée vers un programme militaire clandestin.
Le rapport de 119 pages transmis aux États membres de l’AIEA indique que l’agence « ne peut tirer aucune conclusion » concernant une partie du matériel nucléaire iranien. Cette situation soulève, selon le document, de sérieuses inquiétudes en matière de prolifération nucléaire.
Les chiffres sont particulièrement préoccupants : présence de 440,9 kilogrammes d’uranium enrichi à un niveau élevé, et de 8 599,6 kilogrammes d’uranium enrichi à des niveaux inférieurs, dont l’emplacement et l’état ne peuvent plus être vérifiés avec la même certitude qu’auparavant.