Economies & sciences

Un projet pétrolier stratégique pour Israël bloqué par des obstacles administratifs

Porté par Rotem Energy Minerals, le projet devrait contribuer à réduire la dépendance énergétique du pays

3 minutes
3 juin 2026

ParNathalie Sosna Ofir

Un projet pétrolier stratégique pour Israël bloqué par des obstacles administratifs
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Alors qu'Israël cherche à renforcer son indépendance énergétique dans un contexte régional instable, un projet industriel présenté comme stratégique se retrouve aujourd'hui confronté à un obstacle administratif inattendu.

La société Rotem Energy Mineral -RAM-, active dans le développement de ressources énergétiques dans le Néguev, affirme avoir investi près de 80 millions de shekels au cours des dernières années dans un projet d'exploitation de schistes bitumineux situé à proximité de la zone industrielle de Mishor Rotem, dans le sud du pays. Selon ses promoteurs, le site recèlerait un potentiel estimé à près d'un quart de milliard de barils de pétrole.

Le projet prévoit la construction d'une installation industrielle d'un coût estimé à 450 millions de dollars qui pourrait produire environ 1,6 million de barils de pétrole par an, générer près de 50 mégawatts d'électricité à partir de chaleur résiduelle et fournir des matières premières destinées aux secteurs du bâtiment et de l'industrie.

L'une des particularités du projet réside dans sa dimension environnementale. : l'entreprise prévoit d'intégrer chaque année près de 200 000 tonnes de déchets plastiques, soit environ 20 % de la production nationale, dans son processus industriel afin d'améliorer les rendements énergétiques tout en contribuant au recyclage. Selon ses promoteurs, cette technologie permettrait également de réduire les émissions de CO₂ de quelque 156 000 tonnes par an.

Pour les responsables du projet, l'enjeu dépasse largement le cadre économique. Israël dépend aujourd'hui presque entièrement des importations de pétrole, ce qui l'expose aux fluctuations des marchés internationaux et aux crises géopolitiques régionales. Dans ce contexte, le développement d'une production nationale est présenté comme un élément important du renforcement de la sécurité énergétique du pays.

Pourtant, alors que le ministère de l'Énergie, le ministère de la Justice, le ministre de l'Intérieur ainsi que plusieurs élus du Néguev soutiennent son intégration au circuit accéléré réservé aux infrastructures nationales stratégiques, le directeur général de l'Administration de la planification a décidé de maintenir l'examen du projet au niveau de la commission régionale du sud. Décision vivement contestée par l'entreprise.

Pour ses défenseurs, le projet représente une opportunité rare de réduire la dépendance énergétique du pays tout en valorisant une partie importante des déchets plastiques israéliens. Pour ses détracteurs, il soulève des interrogations sur l'exploitation de nouvelles ressources fossiles à l'heure de la transition énergétique.

Le débat pourrait désormais se poursuivre devant les tribunaux.

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