Vie politique

Procès Netanyahou : vive confrontation au tribunal autour du dossier 2000

L'audience de ce mardi a été marquée par de vifs échanges entre le Premier ministre israélien et les représentants du Parquet.

4 minutes
2 juin 2026

ParGuitel Benishay

Procès Netanyahou : vive confrontation au tribunal autour du dossier 2000
Binyamin Netanyahou et son avocat Me Amit Hadad. Photo by Miriam Alster/Flash90

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Dès l'ouverture de la séance dans le cadre du procès Netanyahou sur l'affaire 2000, plusieurs incidents techniques ont perturbé les débats. Une panne des écrans informatiques de la salle d'audience a contraint la juge Rivka Friedman-Feldman à solliciter l'assistance des services informatiques du tribunal avant que les interrogatoires ne puissent reprendre.

Mais c'est surtout l'affrontement entre Netanyahou et le procureur Yonatan Tadmor qui a retenu l'attention, autour d'une réunion controversée organisée en décembre 2014 avec les députés Zeev Elkin et Yariv Levin, quelques jours après la dissolution de la Knesset.

Le Parquet s'est appuyé sur le témoignage d'Ari Harow, ancien directeur de cabinet de Netanyahou devenu témoin de l'accusation, qui avait déclaré en mai 2023 que le Premier ministre avait rencontré Elkin et Levin afin d'évoquer la possibilité de promouvoir une législation pendant la période électorale.

La défense a immédiatement contesté cette interprétation. L'avocat Amit Hadad a rappelé que Harow avait lui-même reconnu lors de son contre-interrogatoire ne plus être certain de la date exacte de cette réunion.

Interrogé à ce sujet, Netanyahou a déclaré : « Je vous ai déjà dit plusieurs fois que je ne me souviens pas de la date. Je me souviens d'une réunion, mais pas du moment où elle a eu lieu. Plus tard, il s'est avéré qu'elle n'avait probablement pas eu lieu à cette date-là. »

Le procureur a alors cité plusieurs extraits des interrogatoires policiers de Netanyahou, cherchant à démontrer que celui-ci avait volontairement dissimulé à Elkin et Levin ses discussions confidentielles avec Arnon « Noni » Mozes, propriétaire du quotidien Yedioth Ahronoth.

Selon l'accusation, Netanyahou aurait entretenu des démarches politiques uniquement pour convaincre Mozes qu'il tentait réellement de faire avancer une législation favorable au groupe de presse, alors qu'il savait que cette initiative avait peu de chances d'aboutir.

Le chef du gouvernement a rejeté catégoriquement cette lecture des événements.

Selon lui, les consultations menées avec Elkin et Levin avaient pour seul objectif d'évaluer la faisabilité juridique et politique du projet discuté avec Mozes.

« Je cherchais simplement à connaître leur avis. Cela prenait une minute. Je voulais vérifier les faits avant de répondre », a expliqué Netanyahou.

Le Premier ministre a ensuite vivement attaqué la construction juridique du parquet : « Selon votre logique, j'aurais dû faire exactement l'inverse. Si mon objectif avait été d'obtenir quelques jours de couverture médiatique moins hostile, j'aurais continué à lui faire croire que le projet était encore possible. Votre théorie se contredit elle-même. »

Dans une intervention particulièrement remarquée, Netanyahou a qualifié la thèse de l'accusation de « théorie délirante » et de « construction absurde », provoquant une forte tension dans la salle d'audience.

La tension est encore montée d'un cran lorsque l'avocat Amit Hadad a accusé le Parquet de modifier sa propre théorie du dossier au fil des audiences.

Devant les juges, il a soutenu que certaines affirmations du procureur contredisaient directement l'acte d'accusation, lequel reconnaîtrait lui-même que Netanyahou n'avait jamais réellement l'intention de faire adopter la législation discutée avec Mozes.

Le procureur Yonatan Tadmor a rejeté cette critique. Selon lui, la question centrale n'est pas l'intention réelle de Netanyahou mais les démarches concrètes qu'il aurait entreprises afin de donner à Mozes l'impression que le projet avançait effectivement.

« Je montre qu'il a créé une apparence destinée à convaincre Mozes », a expliqué le représentant du Parquet.

Le dossier 2000 occupe une place singulière dans les affaires judiciaires visant Binyamin Netanyahou.

Contrairement à d'autres dossiers portant sur des avantages matériels ou financiers présumés, cette affaire repose sur des conversations enregistrées entre Netanyahou et Arnon Mozes entre 2008 et 2014.

Le parquet soutient que les deux hommes ont discuté d'un arrangement potentiellement illégal : une limitation de la diffusion du quotidien gratuit Israel Hayom, principal concurrent de Yedioth Ahronoth, en échange d'une couverture médiatique plus favorable au Premier ministre.

Netanyahou nie toute intention de corruption. Sa défense affirme que les discussions relevaient du jeu politique habituel et qu'aucun accord n'a jamais été conclu ni mis en œuvre.

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