Le 1er juin 1941, une foule irakienne entre dans les quartiers juifs et massacrent la population: c'est le Farhoud qui aura duré deux jours sanglants.
Ce pogrom méconnu, dont le nom signifie « dépossession violente », a marqué le début de la fin pour l’une des plus anciennes communautés juives du monde, installée en Mésopotamie depuis l’exil de Babylone.
Pour comprendre le drame, il faut plonger dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale. En avril 1941, un coup d’État mené par le nationaliste pro-nazi Rachid Ali al-Gillani renverse le gouvernement irakien pro-britannique. Soutenu par la propagande intense du Grand Mufti de Jérusalem, Amin al-Husseini, alors réfugié à Bagdad, le nouveau régime diffuse une haine antisémite virulente à la radio et dans les écoles.
Fin mai, l’armée britannique intervient et met en fuite les insurgés. C’est précisément durant ce moment de flottement, entre la chute du gouvernement pro-nazi et l'entrée des troupes britanniques dans Bagdad, que le pogrom contre les Juifs se produit.
Le 1er juin 1941, alors que les Juifs de Bagdad célèbrent la fête de Chavouot, une foule en colère composée de soldats démobilisés, de policiers mutins et de pillards locaux envahit les quartiers juifs.
Pendant deux jours, la violence se déchaîne sans que les forces de l'ordre n'interviennent. Le bilan est lourd : 180 morts et des centaines de blessés, des viols et des mutilations sytématiques, 900 habitations détruites et près de 600 commerces pillés et incendiés.
Le massacre ne prend fin que le 2 juin, lorsque le régent d'Irak loyaliste reprend le contrôle de la ville et impose un couvre-feu strict.