Une manifestation violente a eu lieu hier soir (dimanche) à Beit Shemesh après l'arrestation d'un déserteur issu de la communauté orthodoxe de la ville.
Selon un communiqué de la police israélienne, les violences ont débuté après que la police militaire a emmené le suspect. Des dizaines de militants orthodoxes radicaux se sont alors rassemblés devant le commissariat. Certains ont tenté de forcer l'entrée du bâtiment, tandis que d'autres ont mis le feu à de la végétation aux abords du site. Les flammes ont pu être maîtrisées sans se propager aux constructions voisines.
Face à l'ampleur des débordements, des unités de police du district de Jérusalem ainsi que des membres des gardes-frontières ont été dépêchés en urgence sur les lieux. Les forces de l'ordre sont intervenues pour disperser les émeutiers à l'aide de matraques et de grenades assourdissantes.
Cet incident intervient alors que la conseillère juridique du gouvernement, Gali Baharav Miara, a demandé un durcissement de la politique de répression face au secteur orthodoxe. Elle a exigé de l'administration fiscale la suppression des reçus CERFA (Article 46) pour les dons aux yeshivot orthodoxes dans le cas où leurs étudiants refusent de s'enrôler dans l'armée. Parallèlement, elle a annoncé la création d'une cellule spéciale chargée de bloquer les canaux de financement indirects alimentant les yeshivot et les communautés hassidiques.
Le premier à monter au créneau avec véhémence a été Arié Derhy, chef du parti Shass: « La conseillère juridique, déchue et anarchiste, qui court après les arrestations et les sanctions sévères contre les étudiants de la Torah, pousse la communauté orthodoxe vers le bord du gouffre. Elle conduira la rue orthodoxe à une rébellion fiscale, à une rupture totale avec la police et à un fossé irréparable avec les autorités de l'État. »
Derhy a aussi interpellé ses partenaires politiques: « Quiconque se soucie de l'avenir de ce pays doit s'élever contre cette folie. Je crie et j'alerte le Premier ministre et les chefs des partis de droite: votre voix est inaudible ! Nous ne pouvons pas être le punching-ball de ce gouvernement. Le silence, c'est de la complicité. Si vous tenez au maintien du bloc de droite, vous devez vous dresser fermement contre cette persécution criminelle. »