Israël

La commission Gronis confirme sa décision sur la nomination de Roman Gofman

Le Premier ministre s'est félicité de la confirmation de la décision de la commission.

4 minutes
26 mai 2026

ParGuitel Benishay

La commission Gronis confirme sa décision sur la nomination de Roman Gofman
Photo by Chaim Goldberg/Flash90

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La saga autour de la nomination de Roman Gofman à la tête du Mossad touche-t-elle à sa fin?

Suite aux recours déposés contre cette nomination, les juges de la Cour suprême avaient demandé à la commission Gronis de se réunir à nouveau pour réexaminer la candidature de l'actuel secrétaire militaire du Premier ministre.

La commission Gronis a pour mission d'examiner le parcours des nominés à des postes clés de la fonction publique ou de la sécurité nationale pour s'assurer de l'absence de conflits d'intérêts ou de corruption morale avant leur prise de fonction.

Dans le cas de Roman Gofman, les recours déposés contre sa nomination concerne une affaire datant de l'époque où il était à la tête de la Division 210 sur le plateau du Golan en 2021. Ori Elmakayes, alors âgé de 17 ans a été recruté par des officiers de la Division pour mener une opération d'influence non autorisée en ligne. Les militaires lui fournissaient des informations classifiées à diffuser sur la plateforme Telegram. Ignorant qu'il agissait sous les ordres d'une unité de l'armée, le Shin Bet l'a arrêté et incarcéré sous des accusations d'espionnage. L'armée ne l'aurait alors pas soutenu et sa détention a duré 18 mois. Finalement, il a été prouvé qu'il collaborait avec Tsahal et a été libéré. A sa sortie de prison, il a attaqué l'Etat en justice pour le préjudice subi.
Toute la question est de savoir le rôle qu'a joué Roman Gofman à cette époque, s'il était au courant de ce recrutement d'un mineur et s'il a été à l'origine de son action mais aussi de son abandon après son arrestation.

D'après les éléments fournis à la Cour suprême et à la commission Gronis, l'implication directe de Gofman n'est pas prouvée.

La commission Gronis avait une première fois validé la nomination de Gofman à la tête du Mossad avant que les recours ne soient examinés par la Cour suprême, qui a demandé une nouvelle réunion de la commission.
Ce mardi, au terme de ce réexamen, la commission a confirmé la validation de la nomination. Comme la fois précédente, le président de la commission, le juge Asher Gronis s'est opposé à l'avis des autres membres de la commission.

Il a appelé à poursuivre l'examen du dossier, soulignant être pleinement conscient que le directeur sortant Dadi Barnea achève son mandat dans les tout prochains jours, et que l'entrée en fonction de Gofman est prévue pour le 2 juin. Gronis a néanmoins suggéré qu'il existe des solutions permettant à une autre personne d'assurer un intérim pendant une courte période de transition, le temps que les vérifications soient menées à leur terme.

La commission consultative a transmis ses conclusions au Premier ministre Binyamin Netanyahou. Ce dernier a rejeté catégoriquement l'avis minoritaire du juge Gronis, estimant que le général Gofman avait subi un "supplice judiciaire inutile" et que "la montagne n'avait pas même accouché d'une souris". Il a par ailleurs exprimé sa confiance dans le fait que la Cour suprême rejettera les recours déposés contre la nomination et n'entravera pas l'entrée en fonction de Gofman, en pleine guerre sur sept fronts, dès la fin du mandat de son prédécesseur.

Notons que parmi ceux qui contestent la nomination de Roman Gofman se trouvent la conseillère juridique du gouvernement, Gali Baharav-Miara, mais aussi le chef sortant du Mossad, Dadi Barnea, qui a même adressé un courrier pour contester le choix de Gofman.

Le principal intéressé a estimé que ce courrier lui causait un préjudice sérieux sur la scène internationale, déclarant qu'on pouvait seulement imaginer ce que pensent les dirigeants des services de renseignement étrangers en lisant un tel document. Il a également confié ressentir les effets de cette controverse dans son entourage en Israël : "Des gens que je connais se sont un peu éloignés", a-t-il admis, soulignant le coût humain et professionnel d'une bataille de nomination aussi médiatisée.

Il reste désormais à attendre le verdict final de la Cour suprême.

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