L’Iran a officiellement lancé une nouvelle structure chargée de superviser le détroit d’Ormuz, une initiative qui marque un durcissement de son contrôle sur l’une des voies maritimes les plus stratégiques au monde. Baptisée « Autorité du détroit du Golfe persique », cette entité devrait désormais imposer des droits de passage aux navires transitant par la zone, tout en renforçant la surveillance des activités maritimes.
L’annonce a été relayée lundi par plusieurs comptes officiels iraniens sur les réseaux sociaux. Selon Téhéran, la nouvelle autorité fournira des « mises à jour en temps réel » sur les opérations dans le détroit d’Ormuz ainsi que sur les développements sécuritaires dans la région.
Le président de la commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère du Parlement iranien, Ebrahim Azizi, a déclaré que cette structure proposerait des « services spécialisés » aux navires en échange de paiements obligatoires.
D’après les premières informations publiées par la société israélienne de renseignement maritime Windward, tous les navires souhaitant traverser le détroit devront désormais transmettre à l’avance des informations détaillées sur leur propriété, leur assurance, leur équipage et leur cargaison avant d’obtenir une autorisation de passage.
Les autorités iraniennes auraient également instauré des restrictions ciblées. Les navires liés à Israël seraient interdits de transit, tandis que les bâtiments américains seraient soumis à des limitations strictes.
Selon plusieurs sources, certains navires auraient déjà versé jusqu’à 2 millions de dollars pour obtenir l’autorisation de franchir le détroit d’Ormuz, passage essentiel pour le transport mondial du pétrole et du gaz.
Dans une récente analyse consacrée au marché de l’énergie, la banque américaine JPMorgan estime que l’Iran pourrait générer entre 70 et 90 milliards de dollars de revenus annuels si ce système de péages était pleinement appliqué à l’ensemble du trafic maritime transitant par le détroit.