Pour la première fois depuis le 7 octobre 2023, Israël autorisera des représentants du Comité international de la Croix-Rouge à entrer dans des centres de détention où sont incarcérés des prisonniers palestiniens. Mais ces visites resteront limitées : les délégués pourront inspecter les lieux et rencontrer les personnels pénitentiaires et militaires, sans s’entretenir directement avec les détenus.
Cette position a été communiquée par l’État à la Cour suprême israélienne, dans le cadre d’une procédure engagée par plusieurs organisations de défense des droits humains, dont l’Association pour les droits civiques en Israël et Médecins pour les droits de l’homme.
Selon la réponse de l’État, la décision a été prise sur instruction du Premier ministre. Les représentants de la Croix-Rouge seraient autorisés à visiter cinq établissements du Service pénitentiaire israélien ainsi que des centres de détention de Tsahal, y compris ceux où sont détenus des mineurs. Ils pourraient y observer les conditions de détention, effectuer des visites des installations et tenir des échanges professionnels avec les équipes sur place.
En revanche, les rencontres individuelles avec les détenus resteraient interdites pour des « raisons de sécurité ».
Les organisations requérantes dénoncent une mesure insuffisante, qu’elles qualifient de simple « visite de relations publiques ». Elles réclament des visites complètes depuis février 2024 et affirment que l’interdiction des rencontres avec les prisonniers vise à dissimuler les conditions réelles de détention depuis le début de la guerre.
Elles rappellent que la compétence de la Croix-Rouge à visiter les prisonniers de sécurité découle de la quatrième Convention de Genève, dont Israël est signataire, et jugent floue la justification sécuritaire avancée par l’État.