Israël

7 octobre : Yuval Raphael raconte sa culpabilité d'avoir utilisé des corps de victimes pour se cacher

Elle dit avoir eu peur de rencontrer les parents d'une victime

3 minutes
11 mai 2026

ParJohanna Afriat

7 octobre : Yuval Raphael raconte sa culpabilité d'avoir utilisé des corps de victimes pour se cacher
Yuval Raphael Photo by Oren Ben Hakoon/Flash90

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Dans le cadre d’une interview diffusée sur Kan 11, Yuval Raphael, ex-représentante d'Israël à l'Eurovision, est revenue sur les heures passées dans l'abri public où elle s’était réfugiée lors de l’attaque du Festival du Nova le 7 octobre. Deux ans et demi après les faits, elle y décrit un épisode qu’elle considère comme central dans son traumatisme et dans le sentiment de culpabilité qui l’accompagne depuis.

Elle a de nouveau évoqué le contexte de panique généralisée, au sein d’un abri saturé de civils cherchant à se protéger. Lorsque les terroristes ont fait irruption dans l'abri, la situation a basculé, laissant les personnes présentes sans possibilité de leur échapper.

C’est dans cet espace clos qu’elle affirme avoir été confrontée à des décisions prises dans l’urgence absolue de la survie. Elle explique qu’une autre jeune femme, Eden Ben Rubi, avait été mortellement touchée dans l’abri. Dans la confusion et sous la menace immédiate, Yuval Raphael a cherché au mieux à se cacher en se mêlant aux corps présents, afin de ne pas être repérée.

Elle décrit notamment s’être retrouvée en contact direct avec le corps de la victime, utilisant ce qui l’entourait — y compris ses cheveux — comme un moyen de se cacher et d’échapper aux terroristes. C’est cet épisode, dit-elle dans cette interview, qui est au cœur de son sentiment de culpabilité.

« Elle était déjà morte », confie-t-elle au cours de l’entretien, en expliquant qu’à ce moment précis, son comportement était dicté par l’instinct de survie. Elle reconnaît que cette proximité forcée avec la victime est devenue, par la suite, une source durable de remords et de détresse psychologique.

Toujours dans cette interview, elle insiste sur le fait qu’il ne s’agissait pas de choix réfléchis mais de réactions dictées par l’urgence extrême : « il n’y avait plus de choix possible », explique-t-elle.

Elle revient également sur les mois qui ont suivi, marqués par le silence et l’évitement. Yuval Rafael dit avoir longtemps été incapable d’affronter la famille d’Eden Ben Rubi, en particulier sa mère, redoutant la confrontation et le jugement.

« J’avais peur d’être jugée, peur de ne pas être comprise », raconte-t-elle, évoquant une période d’isolement émotionnel prolongé.

Ce n’est que plus tard qu’elle a pu rencontrer la mère de la victime. Elle décrit cette rencontre comme un moment chargé d’émotion et une véritable libération pour elle, après avoir reçu l'assurance que les parents d'Eden ne lui en voulaient pas et comprenaient pleinement son geste.


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