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La procureure générale demande à la Haute Cour d’annuler la nomination de Roman Gofman à la tête du Mossad

La controverse porte principalement sur une opération menée par la division 210 de l’armée israélienne, alors commandée par Roman Gofman

3 minutes
10 mai 2026

ParJohanna Afriat

La procureure générale demande à la Haute Cour d’annuler la nomination de Roman Gofman à la tête du Mossad
Gali Baharav-Miara Photo by Yonatan Sindel/Flash90

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La nomination du général de division Roman Gofman à la direction du Mossad est au cœur d’une nouvelle confrontation institutionnelle. Dans un mémoire déposé ce dimanche devant la Haute Cour de justice, la procureure générale Gali Baharav-Miara a demandé l’annulation de cette nomination, estimant qu’elle était entachée de « graves irrégularités » et d’un caractère « extrêmement déraisonnable ».

Selon la conseillère juridique du gouvernement, la décision du Premier ministre Benyamin Netanyahou ne peut être maintenue juridiquement en raison de défaillances majeures dans la procédure d’examen menée par le comité chargé de valider les nominations aux plus hautes fonctions de l’État.

L’affaire Uri Elmakayes au cœur des critiques

La controverse porte principalement sur une opération menée par la division 210 de l’armée israélienne, alors commandée par Roman Gofman, impliquant Uri Elmakayes, qui était mineur au moment des faits.

La procureure générale estime que cette affaire soulève de sérieuses interrogations quant à « l’intégrité morale » du candidat et reproche au comité consultatif de ne pas avoir procédé à une enquête suffisamment approfondie avant de valider sa candidature.

Dans son mémoire, Gali Baharav-Miara affirme que le comité n’a pas auditionné plusieurs témoins clés, notamment Uri Elmakayes lui-même ainsi qu’un officier supérieur identifié comme le brigadier-général « P. ». Elle reproche également au comité de s’être appuyé sur des éléments factuels incomplets.

Le document souligne par ailleurs que le président du comité, l’ancien président de la Cour suprême Asher Grunis, s’était opposé à la nomination de Roman Gofman.

Selon la procureure générale, Asher Grunis considérait que les doutes entourant l’intégrité morale du général rendaient sa nomination « inappropriée » pour diriger le Mossad. Les trois autres membres du comité avaient toutefois conclu qu’aucune faute ne justifiait son exclusion.

Le gouvernement défend la nomination

Le gouvernement israélien et le bureau du Premier ministre ont demandé à la Haute Cour de rejeter les recours déposés contre cette nomination.

Dans un mémoire transmis vendredi, l’avocat du gouvernement, Harel Arnon, a souligné que cette affaire touchait à « la responsabilité suprême en matière de sécurité nationale », dans un contexte de guerre sur plusieurs fronts.

Selon lui, la décision du Premier ministre relève de son autorité directe dans la conduite des affaires sécuritaires de l’État, notamment en période de conflit régional majeur.

Une audience devant la Haute Cour de justice d’Israël est prévue mardi prochain afin d’examiner les recours contre la nomination.

L’affaire intervient alors que des informations ont également fait état d’une lettre confidentielle adressée par l’actuel directeur du Mossad, David Barnea, à la procureure générale pour exprimer son opposition à la désignation de Roman Gofman.

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