France

Israël, les Etats-Unis et l'Europe : ennemis désignés des Mollahs, chronique d'Arié Bensemhoun

4 minutes
7 mai 2026

ParGabriel Attal

Israël, les Etats-Unis et l'Europe : ennemis désignés des Mollahs, chronique d'Arié Bensemhoun
Le directeur du think tank Elnet France, Arié Bensemhoun

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Bonjour Arié Bensemhoun, Marco Rubio a annoncé la fin de l’opération Epic Fury. Que révèle cette décision américaine ?

Bonjour Ilana,

« Nous en avons fini avec cette étape », a déclaré Marco Rubio. Pour comprendre cette phrase, il faut saisir l’ambiguïté stratégique de l’administration US.

Il n’y a ni revirement de Donald Trump, ni complaisance envers les Mollahs, ni affaiblissement américain. Ceux qui interprètent cette séquence comme un abandon de la pression sur Téhéran se trompent, et prennent leurs désirs pour des réalités.

Comme l’a rappelé l’ambassadeur Danon, la logique américaine reste alignée sur un objectif clair : acculer le régime iranien afin de mieux contrôler les flux énergétiques dans le cadre de la rivalité séculaire avec la Chine.

La stratégie de Donald Trump consiste donc à utiliser Ormuz comme levier de pression économique sur les Européens tout en créant une incertitude sur l’approvisionnement pétrolier de la Chine, fortement dépendante des ressources iraniennes.

Washington rappelle ainsi aux Européens que la sécurité énergétique mondiale a un coût stratégique et que les États-Unis ne veulent plus en assumer seuls la charge militaire et financière. 

L’Europe, elle, ne peut dissocier Ormuz de la question du régime iranien, comme l’affirme Emmanuel Macron.

Il faut enfin rappeler qu’après plusieurs mois d’opérations, toute prolongation importante de l’engagement militaire américain nécessite l’autorisation du Congrès. À l’approche des élections de mi-mandat, Donald Trump cherche à éviter un débat intérieur sensible, lui qui a été élu sur une ligne non-interventionniste. 

L’opération « Epic Fury » étant achevée, place désormais au projet « Liberté » destiné à sécuriser Ormuz, dernier levier de pression des Mollahs avant l’affaiblissement définitif de leur pouvoir de nuisance.

La doctrine Trump reste donc constante : pression maximale, imprévisibilité tactique et transfert d’une partie du fardeau géopolitique vers les alliés européens.

Comment interpréter l’attaque du navire français de CMA-CGM et les frappes iraniennes aux Émirats ?

Les Mollahs cherchent désormais à faire payer au reste du monde le prix de leur isolement stratégique. Téhéran veut démontrer qu’il conserve une capacité de nuisance directe sur le commerce mondial et les approvisionnements énergétiques internationaux. Ces attaques rappellent également aux Européens la dimension offensive et apocalyptique du régime iranien, qu’aucune politique d’apaisement ne pourra contenir. 

La réaction française est révélatrice. Emmanuel Macron et la ministre des Armées ont annoncé le passage du porte-avions Charles-de-Gaulle par le canal de Suez. Cela montre que les Européens comprennent qu’ils ne peuvent plus rester de simples observateurs protégés par la puissance américaine, tout en contestant l’intervention américaine en Iran.

L’Europe doit désormais assumer une part beaucoup plus importante de la sécurisation des routes maritimes stratégiques, car ses économies sont les premières à subir directement les conséquences d’un blocage durable du détroit d’Ormuz.

Israël, les États-Unis et l’Europe demeurent les ennemis désignés des Mollahs, et aucune politique d’apaisement ne permettra de préserver leurs intérêts communs.

Hier, la commission des Affaires européennes a rejeté la suspension de l’accord UE-Israël. Que retenir de ce vote ?

Depuis les massacres du 7 octobre, la gauche et l’extrême gauche, portée notamment par LFI et les écologistes, ont fait de la haine d’Israël le centre de leur engagement politique.

À chaque occasion, elles tentent d’introduire cette obsession anti-israélienne au cœur des institutions afin d’en faire un outil de polarisation politique et de fragmentation nationale. En juillet dernier, une résolution similaire portée par Sabrina Sebaihi, qui qualifie l’Algerie de grande démocratie et Israël d’État génocidaire, avait déjà été rejetée.

Cette proposition ne relevait évidemment pas d’une démarche diplomatique sérieuse. Elle s’appuyait sur les accusations relayées par la mouvance du Hamas et constituait avant tout une offensive idéologique contre Israël, empire du Mal, tout en affaiblissant les intérêts stratégiques européens. Car, l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël est un pilier de la coopération scientifique, technologique et économique. Le remettre en cause, c’est affaiblir l’Europe au moment même où elle cherche à renforcer son autonomie stratégique face aux grandes puissances mondiales.

Israël est aujourd’hui un partenaire majeur des programmes européens de recherche et d’innovation, notamment dans les domaines médical, numérique, énergétique et industriel. Suspendre cet accord constituerait une faute stratégique majeure pour l’Europe. Dans un Moyen-Orient en recomposition, où Israël renforce ses coopérations avec plusieurs partenaires arabes, l’Europe doit au contraire approfondir ses liens commerciaux et économiques avec les pays de la région.

Le rejet de cette PPRE est donc une bonne nouvelle avant tout pour la crédibilité de la France et pour tous ceux qui refusent la captation de nos institutions par les marchands du chaos et de la haine antijuive.

Les thuriféraires des islamistes, du régime d'Alger, du Hamas, du Hezbollah et des Mollahs ne passeront pas. C'est le message encore une fois envoyé par les députés mobilisés aujourd'hui contre cette proposition de la honte.

Arié Bensemhoun