Cette proposition, portée par des citoyens et soutenue notamment par des élus de gauche et écologistes, a été largement écartée : 140 députés contre, 20 pour.
Dans le système finlandais, une proposition peut être soumise au Parlement dès lors qu’elle recueille au moins 50 000 signatures. Les initiateurs du texte appelaient à intégrer davantage de « considérations humanitaires » dans les décisions liées aux exportations et achats d’armement, en réponse aux critiques internationales sur la conduite d’Israël dans la guerre à Gaza. Ils invoquaient notamment le respect du droit international et des droits de l’homme.
Mais ces arguments n’ont pas convaincu la majorité des parlementaires. Les opposants ont souligné que la proposition ignorait le contexte sécuritaire, en particulier les attaques du Hamas du 7 octobre, ainsi que l’utilisation de civils par ce dernier comme couverture - une pratique considérée comme un crime de guerre.
La commission de la Défense du Parlement a elle aussi rejeté l’initiative, estimant que les considérations éthiques étaient déjà prises en compte dans les décisions liées aux acquisitions militaires. Elle a surtout mis en garde contre les conséquences concrètes d’une telle rupture : mettre fin à la coopération avec Israël pourrait affaiblir les capacités opérationnelles de la Finlande.
Ce choix s’inscrit dans une stratégie plus large. Depuis son adhésion à l’OTAN en avril 2023, dans le contexte de la guerre en Ukraine, la Finlande a considérablement renforcé ses capacités militaires. Le pays partage une longue frontière avec la Russie et considère la modernisation de sa défense comme une priorité. Dans ce cadre, Helsinki a notamment acquis le système antimissile israélien la Fronde de David, destiné à renforcer sa protection contre d’éventuelles menaces balistiques. « Ce système étendra significativement les capacités de défense aérienne de la Finlande », avait alors souligné le ministre de la Défense, Antti Kaikkonen.

La Fronde de David achetée par la Finlande, photo : ministère israélien de la Défense
Au-delà des équipements, la Finlande s’inscrit parmi les pays européens qui cherchent à maintenir un dialogue pragmatique avec Israël, en mettant en avant ses préoccupations sécuritaires. Une position qui la distingue de ses voisins nordiques.
La Suède a reconnu un État palestinien dès 2014, tandis que la Norvège a fait de même en 2024. À l’inverse, la Finlande a choisi de temporiser. En 2025, le Premier ministre Petteri Orpo a clairement indiqué que son gouvernement ne préparait pas, à ce stade, une telle reconnaissance, tout en réaffirmant son soutien de principe à une solution à deux États.
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