D’après ces sources, l’organisation terroriste chiite a choisi d’entrer dans le conflit deux jours après le lancement de l’opération « Rugissement du Lion », dans l’espoir de peser sur les négociations entre Washington et Téhéran. Objectif : imposer les intérêts du Liban dans un futur accord de cessez-le-feu et renforcer la position du Hezbollah sur la scène régionale.
Les responsables de l'organisation terroriste interrogés expliquent que cette décision s’inscrit dans une logique de survie, alors que le Hezbollah traverse une période d’affaiblissement politique et militaire, notamment après l’élimination de son chef, Hassan Nasrallah. Ils estimaient aussi qu’une pression accrue de l’Iran pourrait conduire à un cessez-le-feu plus favorable.
Mais sur le terrain, les résultats semblent loin des attentes. Israël poursuit ses opérations avec des milliers de terroristes éliminés selon les estimations, tout en avançant dans des discussions inédites avec le Liban.
Le député du Hezbollah Ibrahim al-Moussawi a justifié l’offensive en affirmant qu’elle visait à « briser le cercle vicieux » dans lequel Israël pourrait frapper sans riposte. Il insiste sur le fait que l’organisation agit de manière indépendante, au nom de « la dignité, la souveraineté et l’indépendance », sans se laisser dicter ses choix par l’Iran, quitte à en payer le prix humain.
Dans les faits, le coût est considérable. Les infrastructures du Hezbollah dans le sud du Liban ont été largement détruites, et une partie importante de son commandement a été éliminée. Des estimations internes évoquent près de 5 000 combattants tués depuis le début des affrontements. Parallèlement, Israël renforce son emprise sur une zone de sécurité d’environ dix kilomètres à l’intérieur du territoire libanais, accompagnée de la destruction de villages utilisés à des fins militaires.