Au sud du Liban, on n’entend pas seulement les explosions ou le bruit des engins lourds, mais surtout le bourdonnement des drones explosifs, devenus l’un des moyens les plus efficaces du Hezbollah et l’une des menaces les plus complexes pour les soldats de Tsahal. Parallèlement, les tirs se poursuivent malgré le cessez-le-feu, y compris alors que des élèves se rendent à l’école.
Ce matin, peu avant 8 heures, un intercepteur a été lancé vers une cible aérienne suspecte. Des images montrent l’engin dans le ciel, au moment où un bus scolaire circule en dessous. À 8h20, des sirènes ont retenti dans pas moins de 15 localités proches de la frontière nord, par crainte d’une intrusion de drone. Peu après, une forte explosion a été entendue après un impact direct près de Shomera. Un véhicule a pris feu, heureusement sans faire de blessés.
Faute de solution globale élaborée par le haut commandement face à cette menace, des initiatives locales émergent. Des soldats tentent de se protéger en déployant des filets au-dessus des véhicules afin de piéger les drones explosifs et d’empêcher leur détonation. Des tests ont déjà été menés par des unités de réserve, notamment avec des filets installés sur des véhicules militaires.
Parallèlement, les commandants insistent sur la discipline opérationnelle et le camouflage. Certaines unités spécialisées rendent les forces plus difficiles à détecter. Les soldats adaptent également leurs déplacements, privilégiant l’obscurité et les zones ombragées pour limiter leur exposition.
Un officier supérieur appelle toutefois à relativiser : selon lui, la majorité des drones n’atteint pas sa cible et est neutralisée. Il estime que le Hezbollah met en avant ses succès pour des raisons de communication. La menace reste néanmoins bien réelle : depuis le début de la semaine, deux personnes ont été tuées par des drones explosifs.