La Méditerranée israélienne envoie des signaux d’alerte de plus en plus clairs : réchauffement des eaux, montée du niveau de la mer, pollution persistante et bouleversements de l’écosystème marin.
Les données montrent que la température de la couche supérieure de la mer Méditerranée orientale augmente à un rythme d’environ 0,05 °C par an, en ligne avec les projections du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.
. Une évolution qui fragilise la faune et la flore marines, déjà soumises à des conditions de plus en plus extrêmes.

Suivi de la mer Méditerranée, Photo : Institut de recherche des mers et des lacs d’Israël
Plus inquiétant encore, le niveau de la mer a augmenté d’environ 15 centimètres entre 1992 et 2024, soit un rythme moyen de 4,7 mm par an - supérieur à la moyenne mondiale estimée à 3,4 mm. Cette élévation concerne l’ensemble du littoral israélien et accroît significativement les risques d’inondations, notamment lors des tempêtes.
Le rapport met également en évidence la poursuite de l’acidification des eaux marines, liée à l’augmentation du dioxyde de carbone dans l’atmosphère. La mer, historiquement puits de carbone, pourrait progressivement devenir une source d’émissions supplémentaires, aggravant encore le changement climatique. Un phénomène qui a des conséquences directes sur certaines espèces marines, comme les coquillages et les coraux, dont la capacité à former des structures calcaires est affectée.
Le réchauffement de l’eau favorise par ailleurs l’installation d’espèces invasives venues de la mer Rouge, modifiant en profondeur l’équilibre écologique. Selon les données, ces espèces représentent aujourd’hui plus de la moitié des captures dans les filets de pêche, avec des taux allant de 55 % à 68 % selon la profondeur. Dans le même temps, certaines espèces locales de poissons, autrefois courantes, ont quasiment disparu des prises depuis 2023, un signal fort du dérèglement en cours.
L’état des eaux reste également préoccupant. Dans la baie de Haïfa, une pollution historique aux métaux lourds persiste, liée aux rejets industriels passés et à un processus de dépollution encore lent. Une hausse des concentrations de mercure a été observée dans les poissons destinés à la consommation. Les rivières côtières continuent, elles aussi, de charrier des niveaux élevés de nutriments et de polluants, affectant la qualité globale de l’écosystème marin.
