Le pouvoir iranien est en état d'alerte. Une réunion d'urgence du Conseil suprême de sécurité nationale, présidée par Mohammad Bakr Zoljader, vient de se tenir après que les services de renseignement ont averti d'une possible reprise des manifestations populaires dans les prochains jours. Selon un rapport exclusif d'Iran International, le constat dressé en interne est sans appel : « Des manifestations sont inévitables, seule leur date reste incertaine. »
Une économie au bord de l'effondrement
Le tableau économique présenté lors de cette réunion est alarmant. La fermeture des industries pétrolière, pétrochimique et sidérurgique a infligé des dommages dont le redressement pourrait prendre des années. Les pannes généralisées d'Internet ont mis au chômage environ 20 % des actifs qui en dépendaient, et les projections tablent sur deux millions de salariés du secteur privé supplémentaires sans emploi d'ici la fin du printemps.
La paralysie s'étend aux marchés financiers : banques, bourses, marchés de l'or et bureaux de change sont à l'arrêt, au point que les prix réels de nombreux produits sont devenus inconnus. Plus préoccupant encore, les responsables de la sécurité estiment que l'économie iranienne ne pourrait pas survivre plus de six à huit semaines sous un blocus maritime continu — blocus en vigueur depuis le 14 avril, soit déjà deux semaines.
La rue, la grève, la répression
Ces tensions économiques s'inscrivent dans un climat social déjà explosif. Depuis plusieurs mois, l'Iran est traversé par des vagues de manifestations, de grèves et d'actes de désobéissance civile, alimentés par une inflation galopante, une récession profonde et une frustration croissante face aux conditions de vie. Travailleurs, retraités, enseignants — tous dénoncent les retards de salaires, la précarité et l'étouffement des libertés syndicales. À l'approche du 1er mai, les organisations syndicales, en Iran comme à l'étranger, intensifient leurs appels à la mobilisation.
Face à cette pression, le régime a répondu par la force : répression sans précédent des manifestants, coupures de communications, déploiement massif des forces de sécurité dans plusieurs villes.