Près de deux ans et demi après les massacres du 7 octobre, Tsahal a rendu publique ce matin l'enquête officielle sur la bataille du kibboutz Holit, dans le Néguev occidental. Cette publication intervient avec près d'un an de retard, après une longue controverse sur la responsabilité de deux commandants de bataillon qui n'ont pas engagé leurs forces pour défendre la localité.
Sept heures de combat, quatre civils contre soixante terroristes
Le bilan de cette journée est lourd : 13 habitants du kibboutz ont été assassinés, 3 soldats tués, et 9 civils supplémentaires enlevés et emmenés à Gaza. Pendant près de sept heures, de 7h30 à 14h00 environ, seuls quatre membres de l'équipe de sécurité locale ont affronté une soixantaine de terroristes infiltrés dans le kibboutz. Des femmes ont utilisé les armes de leurs maris, des hommes ont chargé à l'arme blanche face aux terroristes, d'autres ont neutralisé des terroristes déjà entrés dans leurs maisons. Un petit détachement de l'armée présent en début de matinée avait quitté les lieux au bout d'une heure pour rejoindre un autre combat à proximité. Le premier renfort militaire significatif n'est arrivé qu'à 13h53, alors que la majorité des assassinats et des enlèvements avaient déjà eu lieu.
Deux bataillons aux portes du kibboutz — sans intervenir
L'enquête révèle deux faits particulièrement troublants : deux importantes unités de Tsahal, le bataillon Caracal et le bataillon Bardelas, ont opéré dans les environs du kibboutz sans jamais y pénétrer pour combattre. Les raisons invoquées sont l'absence d'information claire sur la situation à l'intérieur du kibboutz, et l'engagement de ces forces dans d'autres missions simultanées.
L'enquête conclut que les deux commandants de bataillon, la lieutenant-colonelle Or Ben Yehuda (Caracal) et le lieutenant-colonel Ivan Kun (Bardelas), ont commis des « erreurs professionnelles », mais qu'aucun « manquement éthique » ne leur est imputé. Tsahal refuse à ce stade de préciser la nature de la procédure disciplinaire engagée à leur encontre, ni ses conclusions.
Près d'un an de rétention de l'enquête