« Mon rôle n’est pas d’être optimiste ou pessimiste, mais réaliste », a-t-il déclaré en ouverture du forum économique « Doing Long on Israel », tout en soulignant qu’une analyse réaliste permet néanmoins d’être « à la fois fier et optimiste sur de nombreux aspects de l’économie israélienne ». Selon lui, « quelque chose fonctionne ici, et ce n’est pas évident ».
Pour étayer son analyse, Abramzon s’appuie sur des données macroéconomiques de long terme. Le produit intérieur brut réel d’Israël a triplé en l’espace de trois décennies, passant d’environ 600 millions de shekels en 1995 à près de 1,8 milliard en 2025. Une progression qui, selon lui, confirme que l’économie « fonctionne, se développe et croît ».
En tenant compte de la croissance démographique, le niveau de vie moyen a, lui aussi, pratiquement doublé sur la période. Une performance qui distingue Israël de plusieurs économies développées confrontées à une stagnation prolongée, notamment en Europe du Sud ou au Japon.
L’un des indicateurs clés avancés par le chef économiste concerne l’excédent du compte courant. Israël enregistre depuis près de 30 ans un excédent annuel de 3 à 4 % du PIB, signe que ses exportations dépassent ses importations. « Cela signifie qu’année après année, nous devenons plus riches vis-à-vis du reste du monde », explique Abramzon. Une accumulation de richesse qui constitue, selon lui, un moteur essentiel de la croissance future et du « haut niveau de résilience » de l’économie israélienne.
Autre point de satisfaction : le marché de l’emploi. Israël affiche des taux de chômage historiquement bas, reflet d’un marché du travail flexible et efficace. « Pratiquement toute personne souhaitant travailler peut trouver un emploi », affirme Abramzon, même si toutes les positions ne correspondent pas nécessairement aux attentes. Il reconnaît toutefois l’existence de défis, notamment liés aux transformations numériques et au retour progressif des réservistes sur le marché du travail après la guerre.
Contrairement aux craintes initiales, le déclenchement du conflit n’a pas provoqué de fuite massive des capitaux. Bien au contraire. Le renforcement du shekel et la stabilité des marchés financiers témoignent, selon Abramzon, de la confiance des investisseurs. « Quand votre monnaie se renforce de 20 %, cela signifie que les investisseurs veulent vos actifs », souligne-t-il. Les volumes d’échanges en hausse et la stabilité des primes de risque confirment cette tendance.
L’un des éléments clés du « modèle israélien » réside dans le niveau élevé d’épargne des ménages. Environ 30 % du revenu disponible est consacré à l’épargne, un taux nettement supérieur à celui observé dans les grandes économies occidentales. Ce matelas financier constitue un amortisseur en période de crise, comme l’ont montré les épisodes récents - pandémie de Covid-19 ou guerre actuelle - en permettant à l’économie d’absorber les chocs et de rebondir.
Abramzon met également en avant la puissance du secteur technologique israélien : « un phénomène presque unique au monde, le poids du high-tech dans le PIB continue de croître, renforçant l’attractivité du pays.»Quant à la forte présence d’investissements étrangers, souvent perçue comme un risque, elle constitue selon lui un indicateur de confiance : « Si des acteurs internationaux investissent malgré les risques, c’est bien qu’il se passe ici quelque chose de très positif ».
Malgré ces performances, plusieurs défis persistent. L’intégration accrue des populations ultra-orthodoxes et arabes dans le marché du travail demeure un enjeu majeur pour soutenir la croissance.
Le poids du budget de la défense constitue également un défi, nécessitant selon Abramzon une gestion rigoureuse afin de ne pas freiner le développement économique.
Enfin, les infrastructures, notamment dans les transports, peinent à suivre le rythme de la croissance démographique, un point identifié comme critique pour les années à venir.
Le contexte sécuritaire et géopolitique reste une source d’incertitude. Mais pour le chef économiste, ces risques peuvent également se transformer en opportunités, notamment dans la perspective d’un repositionnement régional à l’issue du conflit. « Même dans les risques, il y a des opportunités », affirme-t-il, entendre le potentiel de développement des relations économiques au Moyen-Orient.
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