Une enquête de la chaîne américaine CBS News révèle que les dégâts infligés par l’Iran aux infrastructures militaires américaines au Moyen-Orient sont nettement plus importants que ce que les autorités américaines ont jusqu’ici reconnu.
Selon ces révélations, Téhéran a visé des dizaines de cibles réparties sur des bases américaines dans sept pays de la région. Entrepôts logistiques, centres de commandement, hangars aéronautiques, systèmes de communication satellitaire, pistes d’atterrissage, radars avancés et plusieurs aéronefs figurent parmi les installations touchées, d’après des responsables américains et une analyse du think tank American Enterprise Institute.
L’enquête met également en évidence une faille notable dans les systèmes de défense américains. Un avion de chasse iranien de type F-5, pourtant considéré comme obsolète, serait parvenu à franchir les défenses aériennes pour frapper une base américaine au Koweït. Il s’agirait de la première attaque réussie de ce type contre des forces américaines depuis plusieurs décennies. Ces bases accueillent habituellement des milliers de militaires, ainsi que parfois leurs familles, bien qu’une grande partie du personnel ait été évacuée avant l’escalade militaire.
Le Pentagone n’a pas communiqué publiquement l’ampleur des dégâts, ni aux élus du Congrès. « Pour des raisons de sécurité opérationnelle, nous ne divulguons pas les évaluations des dommages de combat », a indiqué un responsable, assurant toutefois que les forces américaines restent pleinement opérationnelles. Le Commandement central américain s’est également abstenu de tout commentaire.
Par ailleurs, l’administration américaine aurait demandé à des entreprises privées de satellites, dont Planet Labs, de suspendre la diffusion d’images des bases touchées, compliquant ainsi toute évaluation indépendante. Cette restriction serait toujours en vigueur.
En coulisses, plusieurs élus républicains expriment leur frustration face au manque d’informations transmises par le Pentagone, notamment concernant le coût des réparations. « Nous posons des questions depuis des semaines sans obtenir de réponses précises », confie un assistant parlementaire.