Alors qu’Israël et les États-Unis multiplient les pressions militaires et financières contre le Hamas et le Hezbollah, les deux organisations terroristes restent toujours présentes. Comment expliquer cette capacité de survie ? La réponse tient à leur nature : elles ne sont pas seulement des groupes armés, mais aussi des appareils politiques, sociaux, financiers et idéologiques, implantés depuis des années dans leur environnement.
C’est cette dimension idéologique qui rend leur disparition si difficile. Le Hamas comme le Hezbollah entretiennent un récit de lutte, de haine d’Israël et de glorification du combat. Cette propagande se transmet dans les familles, les écoles, les mosquées, les médias et les réseaux sociaux, parfois dès le plus jeune âge. Elle crée un vivier humain qui permet à ces organisations de se renouveler malgré les pertes.
Au Liban, le Hezbollah a subi de lourds coups militaires. De nombreux commandants et opérateurs ont été éliminés par Israël. Mais une partie de son échelon politique et institutionnel reste debout. L’organisation conserve encore des dizaines de milliers d’hommes, tandis que l’État libanais hésite à l’affronter directement, par crainte d’un embrasement interne et parce que l’armée libanaise reste plus faible que le Hezbollah.
À Gaza, le Hamas a lui aussi été sévèrement affaibli, mais pas totalement démantelé. Le mouvement avait accumulé pendant des années des stocks, construit des tunnels, développé des caches et mis en place des ateliers locaux. Même sous blocus, une organisation clandestine peut survivre grâce à des armes déjà présentes, des pièces détachées, des matériaux à double usage et des cellules capables de se reconstituer.
Le financement reste un autre pilier. Les États-Unis et Israël ont frappé les réseaux financiers du Hamas et du Hezbollah, mais ces circuits ne passent pas seulement par les banques classiques. Bureaux de change, argent liquide, associations-écrans, or, commerce et relais régionaux permettent encore de contourner une partie des sanctions. Derrière ces réseaux, l’Iran reste l’acteur clé, par son soutien financier, militaire et logistique.
C’est là toute la difficulté pour Israël : les frappes peuvent détruire des infrastructures, tuer des commandants et réduire des capacités militaires. Mais elles ne suffisent pas toujours à effacer des organisations enracinées dans une société, financées par des réseaux clandestins et nourries par une idéologie transmise de génération en génération. Pour les faire disparaître durablement, il faut aussi couper leurs financements, empêcher leur réarmement et combattre l’endoctrinement qui nourrit la haine dès l’enfance.