La cérémonie annuelle du Prix Israël s’est tenue ce mercredi soir à Jérusalem, dans le cadre des célébrations de la fête de l’Indépendance. Considérée comme la plus haute distinction civile du pays, elle récompense chaque année des personnalités israéliennes et internationales pour leurs contributions dans les domaines scientifiques, culturels et sociaux.
Cette édition 2026 est marquée par la présence exceptionnelle du président américain Donald Trump parmi les lauréats, dans la catégorie « contribution exceptionnelle à la société et à l’État » et plus spécifiquement pour sa « contribution au peuple juif ». Il s’agit d’une première dans l’histoire du prix pour un chef d’État étranger.
Selon le ministère de l’Éducation, la décision de l’honorer a été actée dès décembre, lorsque le ministre Yoav Kisch avait officiellement informé Donald Trump de son attribution dans la catégorie dédiée à la contribution au peuple juif. Un certificat a été signé cette semaine, accompagné d’un message vidéo dans lequel le ministre a salué un engagement « sans équivalent » en faveur d’Israël et du peuple juif.
Lors de la cérémonie, un montage vidéo a retracé plusieurs étapes des relations entre Donald Trump et Israël, notamment l’annonce des accords d’Abraham en 2020, son discours à la Knesset en octobre dernier, ainsi que ses rencontres répétées avec le Premier ministre Benyamin Netanyahou au fil des années.
Trump devrait recevoir officiellement son prix lors d’une prochaine visite en Israël.
Au-delà de cette distinction exceptionnelle, le Prix Israël 2026 a également récompensé plusieurs figures israéliennes dans des domaines variés.
Dans le domaine du cinéma, le prix est attribué à Gabi Amrani, acteur, humoriste et chanteur de 91 ans, récompensé pour une carrière de plus de sept décennies étroitement liée à l’histoire culturelle du pays. Le comité souligne son statut de figure populaire du cinéma israélien et son apport à des œuvres devenues emblématiques.
Dans les arts plastiques, le lauréat est Yaakov Agam, 97 ans, pionnier de l’art cinétique et optique. Ses œuvres majeures, exposées en Israël et à l’international, sont saluées pour avoir introduit une conception dynamique et évolutive de l’art, où l’œuvre change selon le point de vue du spectateur.
Dans le domaine des sciences de gestion et du leadership, le prix est attribué au professeur Micha Popper (Université de Haïfa), reconnu pour ses recherches sur le leadership, l’apprentissage organisationnel et la formation des dirigeants. Le comité met en avant son influence académique et pratique en Israël et à l’international.
En sciences de la vie, la professeure Shulamit Michaeli-Goldberg (Université Bar-Ilan) est distinguée pour ses recherches pionnières sur l’ARN chez les parasites pathogènes, notamment la leishmaniose. Ses travaux sont considérés comme essentiels pour la compréhension de maladies affectant de nombreuses régions du monde.
En sciences de la Terre, la docteure Miriam Bar-Mattius est récompensée pour ses recherches sur les archives climatiques naturelles, notamment les stalactites et stalagmites, qui permettent de reconstituer l’histoire climatique et sismique sur des dizaines de milliers d’années.
En mathématiques, le professeur Benjamin Weiss est honoré pour ses contributions majeures à la théorie ergodique et aux systèmes dynamiques, domaines dans lesquels il est considéré comme une figure fondatrice ayant profondément influencé la recherche contemporaine.
En chimie, le professeur Reshef Tena est distingué pour ses travaux sur les matériaux nanométriques et la chimie physique, ayant contribué à positionner Israël à l’avant-garde de la recherche mondiale dans ce domaine, avec des applications industrielles significatives.
Dans le domaine des langues et littératures juives, le professeur Yossef Shitrit est récompensé pour ses recherches de terrain sur les dialectes juifs et arabes juifs, notamment les traditions linguistiques marocaines en voie de disparition, ainsi que sur la poésie et les expressions culturelles associées.
En histoire générale, la professeure Billy Melman est distinguée pour ses travaux en histoire sociale et culturelle, notamment ses recherches sur les voix marginalisées et les études de genre, qui ont contribué à renouveler l’approche de l’histoire contemporaine.
Enfin, dans la catégorie « réussite d’une vie et contribution exceptionnelle à la société et à l’État », plusieurs personnalités sont honorées, dont Adi Altshuler, reconnue pour son action sociale innovante en faveur de l’inclusion des jeunes et des personnes en situation de handicap, ainsi que pour la création d’initiatives éducatives et communautaires largement diffusées en Israël.