Israël

Retour sur la cérémonie d’ouverture de Yom Haatsmaout

Comme chaque année, le passage de la mémoire à la célébration s’est joué en quelques minutes, sur l’esplanade du mont Herzl, la cérémonie d’allumage des flambeaux, qui marque officiellement l’entrée dans le Yom Haatsmaout, s'est déroulée dans une atmosphère à la fois solennelle, chargée d’émotion… et quelques tensions.

4 minutes
22 avril 2026

ParNathalie Sosna Ofir

Retour sur la cérémonie d’ouverture de Yom Haatsmaout
Ari Spitz, grièvement blessé à Gaza, amputé des deux jambes et d’un bras a livré l’un des témoignages les plus forts.

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Organisée sous le thème « Forces de renouveau », la cérémonie a une nouvelle fois incarné ce moment singulier de bascule entre le deuil de Yom Hazikaron et la célébration de l’indépendance. Après la prière du Yizkor et la remontée du drapeau israélien en haut du mât, la scène a laissé place à une succession de prises de parole et de performances artistiques devant les plus hautes autorités du pays - parmi lesquelles Benjamin Netanyahu, le président de la Knesset Amir Ohana, le président de la Cour suprême Yitshak Amit et le chef d’état-major Eyal Zamir.

Les douze flambeaux, symbolisant les tribus d’Israël, ont été allumés par des figures incarnant différentes facettes de la société. Parmi eux, une officier grièvement blessée au combat, revenue servir malgré l’amputation d’une jambe, a dédié sa flamme aux blessés physiques et psychologiques. À ses côtés, un haut responsable de l’armée de l’air a rendu hommage aux forces engagées « jour et nuit » sur tous les fronts.

La cérémonie a également mis en lumière d’autres piliers du pays : , Tamer Atallah, représentant de la communauté druze, a insisté sur la « fraternité de destin » entre Druzes et Juifs. Son discours a aussi élargi le regard vers les Druzes de Syrie, dans un contexte régional instable ; Ora Hatten, habitante du nord sous les tirs, a symbolisé la résilience des zones frontalières:"La Galilée refleurira" ; Roni Insaz, né en Iran, a raconté son parcours clandestin pour aider des Juifs sous le régime iranien avant son aliyah.
Son discours a mêlé gratitude, mémoire et espoir d’un Iran « libre et en paix » ; Moshe Adry, figure centrale du cinéma israélien, a dédié sa flamme à la culture, « miroir de la société » ; Le rabbin Avraham Zerbib également engagé comme conducteur de bulldozer militaire, a suscité des critiques.
Ses prises de position passées sur les "destructions à Gaza" ont ravivé les débats sur les choix de certains allumeurs, Gal Hirsch, coordinateur des otages et des disparus, a évoqué « la mission inachevée » du retour des otages et la mère du dernier otage dont le corps fut rapatrié, s'est écriée : « la fierté est plus forte que la douleur ».

Ari Spitz, grièvement blessé à Gaza, amputé des deux jambes et d’un bras a livré l’un des témoignages les plus forts. « Je dédie cette flamme à la mémoire de tous les combattants et combattantes tombés pour notre existence et notre avenir, aux dizaines de milliers de blessés, dans leur corps et dans leur âme, qui traversent un long et difficile processus de rééducation. Leur combat pour revenir à la vie est une autre guerre et nous n’avons pas d’autre choix que de la gagner. » Ari Spitz incarne aujourd’hui cette « seconde bataille » évoquée dans son discours : celle du retour à la vie, au cœur d’une société marquée par un nombre sans précédent de blessés de guerre.

Un incident a noter avant même le début de la cérémonie, lorsque le ministre Itamar Ben Gvir a quitté la tribune après un différend sur son placement. Il semble qu'il ait pris par inadvertance la place à côté du Premier ministre réservée au président argentin, invité d'honneur de la soirée, le premier dirigeant étranger à allumer un flambeau Un geste hautement symbolique, reflet du rapprochement politique entre Buenos Aires et Jérusalem. Son intervention, ponctuée de slogans en hébreu "Am Israël Hay" et d’une prestation musicale inattendue, a marqué les esprits autant par sa forme que par son message de soutien affiché.

Dans le même temps, à Tel-Aviv, une cérémonie alternative a réuni plusieurs milliers de personnes, contestant la légitimité du gouvernement à incarner ces célébrations.

Au-delà des discours, la cérémonie a alterné moments artistiques et séquences d’hommage, avec la participation de figures majeures de la culture israélienne. La musique, omniprésente, a servi de fil conducteur à cette narration nationale : celle d’un pays meurtri mais debout.

Israël est entré dans son 78e anniversaire fidèle à lui-même : plus que jamais debout.

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