L’ancien ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, est revenu ce mardi, jour de Yom Hazikaron, sur les dysfonctionnements ayant précédé l’attaque du Hamas le 7 octobre, pointant des lacunes majeures dans la transmission des renseignements au sommet de l’État.
Interrogé sur Keshet 12, il a affirmé ne pas avoir été informé d’éléments jugés pourtant critiques dans la nuit précédant l’attaque. « Ils n’ont pas prévenu le ministre de la Défense. Ils ne considéraient pas l’information comme suffisamment importante », a-t-il déclaré, estimant que cette absence d’alerte avait limité sa capacité d’action.
Selon lui, une notification en amont aurait permis d’envisager des scénarios alternatifs en cas d’erreur d’évaluation. « J’aurais demandé quelles mesures concrètes prendre sur le terrain si l’analyse s’avérait incorrecte », a-t-il expliqué, soulignant les marges de manœuvre réduites des responsables militaires en l’absence d’instructions anticipées.
Yoav Gallant a également rejeté l’idée d’une passivité de l’échelon politique, affirmant avoir cherché à se tenir informé directement sur le terrain. Il a notamment évoqué une visite dans la bande de Gaza une dizaine de jours avant l’attaque, au cours de laquelle il aurait interrogé les forces présentes sur la situation sécuritaire.
L’ancien ministre affirme avoir encouragé les soldats à ne pas se fier uniquement aux renseignements disponibles. « Regardez par vous-mêmes, observez ce qui se passe et restez vigilants », aurait-il recommandé.
Reconnaissant une part de responsabilité, il a néanmoins mis en garde contre toute tentative de faire porter la faute exclusivement aux échelons inférieurs. « Il existe de nombreux niveaux entre le terrain et le ministre, et j’en suis également responsable. Mais dire “on ne m’a rien dit” ne doit pas servir à transférer la responsabilité vers les plus faibles », a-t-il déclaré.