Un soldat français a été tué et trois autres blessés, dont deux grièvement, lors d’un incident survenu samedi matin dans le sud du Liban, a annoncé le président français Emmanuel Macron. L’accrochage s’est produit dans le village d’Al-Randouriya, où une unité de la FINUL menait des opérations de déminage et tentait de rétablir le contact avec des positions isolées lorsqu’elle a essuyé des tirs.
Selon une première évaluation relayée par la FINUL et confirmée par l’Élysée, la responsabilité de l’attaque incomberait « probablement » au Hezbollah. « Les preuves indiquent que le Hezbollah est responsable », a déclaré Emmanuel Macron, appelant les autorités libanaises à procéder à l’arrestation des auteurs.
Le président libanais Joseph Aoun a présenté ses condoléances à son homologue français lors d’un entretien téléphonique. Il a, avec le Premier ministre Nawaf Salam, condamné l’attaque et réclamé l’ouverture d’une enquête.
De son côté, le Hezbollah a rejeté toute implication, dénonçant des accusations « précipitées » avant les conclusions officielles. Le mouvement terroriste a appelé à la prudence, critiquant ceux qui, selon lui, « se hâtent de désigner un responsable sans preuves » tout en restant silencieux face aux attaques israéliennes visant les forces de la FINUL.
Dans le contexte cessez-le-feu et d'une possible rencontre à Washington entre Benyamin Netanyahou et Joseph Aoun, des responsables du Hezbollah ont durci leur discours. Mahmoud Kamati a accusé l’État libanais de compromettre la souveraineté nationale et averti qu’un retour à la situation antérieure aux récents affrontements était exclu. Il a affirmé que la « patience stratégique » du mouvement était arrivée à ses limites et qu’une nouvelle phase serait prochainement annoncée.
Le député Hussein al-Hajj Hassan a pour sa part exigé un retrait total des forces israéliennes du territoire libanais et rejeté toute perspective de négociations directes, qualifiées d’« humiliantes ».