Entre les carnets de rationnement de la période d’austérité en 1949 et les rayons bien remplis des supermarchés et des étals aujourd’hui, se cache l’un des récits les moins évoqués d’Israël. Moins de 80 ans plus tard, en pleine guerre prolongée, le pays réussit à préserver une sécurité alimentaire stable. Rien d’évident.
Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture -FAO-, la sécurité alimentaire correspond à la capacité de chaque individu à accéder à une nourriture disponible, sûre et nutritive dans la durée. Mais au cours de la dernière décennie, cette définition a évolué : il ne s’agit plus seulement de ce qui se trouve sur les étagères, mais de la capacité d’un État à garantir son approvisionnement lorsque le monde environnant se dérègle, en cas notamment de pandémies, changement climatique, perturbations des chaînes d’approvisionnement.
Quand les champs deviennent des champs de bataille
Le 7 octobre 2023, le système alimentaire israélien a subi un choc immédiat. En quelques jours, des dizaines de milliers de travailleurs ont disparu : départ des ouvriers thaïlandais, arrêt de l’entrée des travailleurs palestiniens, évacuation de nombreuses exploitations agricoles dans le sud et le nord. Pour la première fois, trois types de menaces se manifestaient simultanément : sécuritaires, climatiques et liées aux perturbations mondiales des chaînes d’approvisionnement.
La réponse israélienne s’est caractérisée par une adaptation rapide et une grande flexibilité. Des dizaines de milliers de bénévoles se sont rendus dans les champs pour remplacer la main-d’œuvre manquante.