Longtemps présentées comme disparues, ces vidéos issues d’une vingtaine de caméras de surveillance installées à la station-service Dor Alon, sur la route 232, documentent en continu plus de 24 heures de cette journée. Des mages qui offrent un témoignage brut, à la fois visuel et sonore, de ce qui s’est joué aux premières heures de l’attaque. On y voit des civils fuyant les massacres sur les routes du pourtour de Gaza ou depuis le festival Nova, trouvant refuge dans la station. On y voit aussi des soldats arrivant progressivement sur place.

Au fil des séquences, se dessinent des scènes d’une intensité rare : des instants de solidarité, des retrouvailles, mais aussi une prise de conscience brutale -celle d’être seuls, sans secours immédiat.
Certains survivants apparaissent après avoir passé vingt à trente heures retranchés dans des pièces sécurisées, évacués avec ce qu’ils ont pu sauver.

Au-delà du témoignage humain, ces révélations ravivent aussi les interrogations sur les défaillances sécuritaires. Dans une conversation privée datant de février 2025, le général de réserve Rafi Milou reconnaît des erreurs structurelles : « Nous avons permis à nos ennemis de se renforcer à nos frontières », admet-il, évoquant une doctrine privilégiant le calme relatif et des cycles d’affrontements courts au détriment d’une action plus offensive. « Nous n’avons pas été assez initiateurs, pas assez offensifs », conclut-il.

La première étreinte de Mendi Damari avec son fils Tom, dans la station service, après son sauvetage