Soixante-cinq ans après le procès d’Adolf Eichmann, moment fondateur dans la construction de la mémoire de la Shoah en Israël, une pièce le fait revivre dans la salle même où il s’est tenu, à Beit Ha'am de Jérusalem. Le metteur en scène Ilan Ronen entend redonner toute sa portée à cet événement historique.

À l’époque, David Ben Gourion avait voulu un procès public et médiatisé afin que le monde entende les témoignages des survivants. Pour la première fois, la tragédie devenait récit personnel, brisant le silence qui prévalait dans la jeune société israélienne.
Écrite par Motti Lerner, la pièce mêle documents historiques et approche dramatique. Elle explore les témoignages, les coulisses du procès et les dilemmes moraux qu’il soulève. Sur scène, figures clés et moments marquants prennent vie.
La mise en scène repose sur un dispositif fort : au centre, la célèbre cage de verre blindée dans laquelle Eichmann comparaissait, entourée d’un espace évoquant les enjeux politiques et diplomatiques de l’époque, notamment les relations entre Israël et l’Allemagne.
Au-delà de la reconstitution, la pièce résonne avec l’actualité. Elle met en lumière la montée de l’antisémitisme, les transformations des démocraties en temps de guerre et les dérives liées aux victoires militaires.