Le cabinet restreint s’est réuni hier à la demande du Premier ministre, immédiatement après l’annonce par Trump d’un blocus naval dans le détroit d’Ormuz. Les responsables de l'establishment de la défense ont expliqué aux ministres et aux participants l’importance de cette décision : il ne s’agit pas seulement d’un blocus maritime, mais d’une tentative de paralyser la “machine respiratoire” de l’Iran, c’est-à-dire ses revenus économiques, afin d’influencer la stabilité des Gardiens de la révolution.
Personne n’est en mesure de dire combien de temps ce blocus durera ni quelles en seront les conséquences. Toutefois, il est admis que pour être efficace, il devra s’inscrire dans la durée, au-delà de quelques jours. L’évaluation présentée hier laisse entendre qu’il n’est pas exclu que le cessez-le-feu actuel - ainsi que le délai accordé par Trump aux discussions avec l’Iran, censé expirer le 22 avril - soit prolongé. Cela permettrait à la fois de renforcer l’impact de cette mesure et de laisser une chance, même limitée, aux négociations entre les États-Unis et l’Iran.
En Israël, on se dit en tout cas très satisfait de la fermeté américaine. Lors des négociations à Islamabad la semaine dernière, le vice-président a clairement indiqué que les États-Unis ne feraient aucune concession sur la question nucléaire, notamment sur l’enrichissement de l’uranium. Des déclarations similaires ont été faites par la porte-parole de la Maison Blanche ainsi que par le président lui-même, qui a répété que le dossier nucléaire ne pouvait faire l’objet d’aucun compromis - une position en totale adéquation avec celle d’Israël. Des sources israéliennes affirment qu’« il n’y a pas l’ombre d’un écart » entre les positions des deux pays sur ce sujet.
Dans ce contexte, en Israël, on ne s’attend pas à une avancée majeure des discussions, compte tenu de l’écart entre les positions. La décision de Trump apparaît donc comme une mesure à double effet : affaiblir financièrement les Gardiens de la révolution, et pousser l’Iran à adopter une posture plus mesurée dans les négociations. Par ailleurs, le Premier ministre a indiqué lors du conseil des ministres que le cessez-le-feu pourrait s’effondrer à tout moment, scénario discuté lors de la réunion du cabinet.