Depuis l’annonce du cessez-le-feu, le débat public israélien est saturé de discours catastrophistes, comme si le pays sortait diminué ou affaibli de la confrontation actuelle avec l’Iran.
En Europe, et particulièrement dans le brouhaha médiatique francophone, on assiste à une recrudescence de “spécialistes” auto-proclamés, de militaires poussiéreux à la retraite, qui, au demeurant, n’ont jamais livré une seule bataille et dont la seule expertise semble être de prédire l’effondrement d’Israël à chaque nouvel événement. Qu’il s’agisse de Dominique de Villepin quand il s’ennuie, Gallagher Fenwick en prophète de malheur, l’inoxydable Yakovleff ou d’autres commentateurs anti-israéliens, tous persuadés ( espérant ? ) qu’Israël et les États-Unis courent vers l’abîme et que l’Iran a gagné la guerre.
Dans leur univers mental, Israël serait constamment “à deux doigts de la catastrophe”, et les États-Unis “fatigués” ou “perdus”. Ils se répètent, ils jacassent, ils s’écoutent parler. Mais l’histoire ne s’écrit pas dans les studios de télévision. Elle s’écrit ailleurs : dans les cockpits des équipages de l’armée de l’air israélienne engagés dans une opération d’une complexité exceptionnelle, dans les centres de commandement où chaque seconde est décisive, dans les réunions du cabinet de sécurité où l’on mesure la portée de chaque décision, et dans les salles du Pentagone, où la coordination stratégique avec Israël a été totale. En somme, l’histoire s’écrit par l’héroïsme des soldats, par la résilience et la détermination de notre peuple, et non par les palabres grotesques des « experts » défaitistes. À contre-courant de ce pessimisme ambiant, il est nécessaire de remettre les choses dans leur juste perspective. Non, Israël n’a pas perdu. Oui, des objectifs majeurs ont été atteints.
𝐄𝐭 𝐬𝐮𝐫𝐭𝐨𝐮𝐭 : 𝐥’𝐡𝐢𝐬𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞 𝐧’𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐭𝐞𝐫𝐦𝐢𝐧𝐞́𝐞.
A l’instant où j’envoie ce texte à la rédaction, nous apprenons que la délégation américaine a quitté la table des négociations à Islamabad. À ce stade, nous entendons plusieurs sons de cloche de la part des protagonistes, et il est encore trop tôt pour savoir si les combats reprendront ou non.
En tout état de cause, JD Vance, vice-président des États-Unis, a réitéré ses propos : les Américains n’ont observé aucune volonté, du côté iranien, de renoncer à la poursuite du programme nucléaire. Le président Donald Trump, quant à lui, a déclaré : « Qu’importe le résultat de ces négociations, nous avons vaincu les Iraniens, nous les avons défaits militairement. »
Défaite ou non, il est indéniable que l’Iran sort affaibli et amoindri dans ses capacités offensives par rapport à sa situation d’avant le conflit armé.
𝐔𝐧𝐞 𝐯𝐢𝐜𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞 𝐬𝐭𝐫𝐚𝐭𝐞́𝐠𝐢𝐪𝐮𝐞, 𝐦𝐞̂𝐦𝐞 𝐬𝐢 𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐚𝐫𝐭𝐢𝐞𝐥𝐥𝐞
On a souvent tendance à analyser une guerre comme un match de football : victoire ou défaite, noir ou blanc. La réalité est beaucoup plus nuancée. Lorsqu’on regarde froidement les faits, Israël a neutralisé plusieurs capacités essentielles de son ennemi stratégique, affaibli des infrastructures militaires sensibles et réaffirmé sa supériorité opérationnelle, y compris loin de ses frontières. Il serait malhonnête intellectuellement d’ignorer ces accomplissements. Les capacités offensives iraniennes ont été freinées, la chaîne de commandement déstabilisée, et plusieurs projets hostiles ont été retardés ou désorganisés. Cela ne signifie pas que tous les objectifs ont été atteints , mais cela signifie clairement qu’un pan essentiel de la menace a été contenu. Sans les opérations combinées de ces derniers mois , notamment celles de juin 2025, l’Iran aurait probablement atteint une capacité nucléaire militaire en 2026.
𝐋𝐞 𝐜𝐡𝐚𝐧𝐠𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐫𝐞́𝐠𝐢𝐦𝐞 𝐞𝐧 𝐈𝐫𝐚𝐧 : 𝐮𝐧 𝐡𝐨𝐫𝐢𝐳𝐨𝐧, 𝐩𝐚𝐬 𝐮𝐧 𝐩𝐫𝐞́𝐫𝐞𝐪𝐮𝐢𝐬
Depuis longtemps, certains acteurs israéliens considèrent que l’objectif stratégique ultime face à l’Iran doit être un changement de régime. C’est une ambition compréhensible , mais il faut reconnaître que ce type de transformation n’est jamais immédiat. Un tel processus dépend : • de dynamiques internes en Iran, • de la situation régionale, • d’un alignement international beaucoup plus vaste.
Il est donc absurde de mesurer la réussite ou l’échec de la confrontation actuelle à l’aune d’un changement de régime qui, par définition, demande du temps et des circonstances favorables. Les évolutions profondes ne se décrètent pas en quelques mois. Elles s’inscrivent dans la durée.
𝐋’𝐚𝐥𝐥𝐢𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐥𝐞𝐬 𝐄́𝐭𝐚𝐭𝐬-𝐔𝐧𝐢𝐬 : 𝐮𝐧 𝐦𝐮𝐥𝐭𝐢𝐩𝐥𝐢𝐜𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐝𝐞 𝐩𝐮𝐢𝐬𝐬𝐚𝐧𝐜𝐞
Il est essentiel de comprendre que les opérations récentes n’auraient pas été possibles sans une coordination étroite avec les États-Unis. Grâce à ce partenariat : • Israël a pu agir avec une marge de manœuvre élargie, • les risques d’escalade incontrôlée ont été réduits, • et l’effet dissuasif global a été amplifié. Dans un contexte où l’Iran cherche à se positionner comme puissance régionale incontournable, l’axe Israël–États-Unis demeure l’un des piliers de stabilité au Moyen-Orient.