Les États-Unis ont officiellement engagé une opération de déminage du détroit d’Ormuz, zone maritime stratégique par laquelle transite près d’un cinquième du pétrole mondial. Le Commandement central américain (CENTCOM) a annoncé ce samedi soir le début des préparatifs et la mise en œuvre d’un dispositif naval et technologique destiné à sécuriser durablement le passage, après plusieurs semaines de blocage et de minage du détroit par l'Iran.
Selon le CENTCOM, deux destroyers lance-missiles américains, l’USS Frank E. Petersen et l’USS Michael Murphy, ont franchi le détroit dans le cadre de cette mission. Ces bâtiments de guerre ont pour objectif d’assurer la sécurisation immédiate de la zone et d’accompagner les opérations de neutralisation des menaces sous-marines.
L’opération repose également sur le déploiement progressif de moyens spécialisés, notamment des drones sous-marins conçus pour la détection et la neutralisation de mines marines. Ces systèmes autonomes doivent permettre de cartographier les zones à risque, d’identifier d’éventuels engins explosifs et de procéder à leur neutralisation sans exposition directe des équipages.
Dans les prochains jours, des renforts supplémentaires sont attendus dans la région afin de renforcer les capacités de surveillance et de déminage. L’objectif affiché par les autorités militaires américaines est de rétablir une navigation « totalement sécurisée et libre » dans le détroit, considéré comme un point névralgique du commerce énergétique mondial.
Le commandant du CENTCOM, l’amiral Brad Cooper, a indiqué que cette opération s’inscrivait dans une stratégie plus large de protection des routes maritimes internationales. Il a précisé que les États-Unis entendaient mettre en place un couloir de navigation sécurisé, qui sera ensuite communiqué aux acteurs du transport maritime afin de garantir la libre circulation des marchandises.
Un blocage persistant dans les négociations à Islamabad
Ces opérations interviennent en parallèle de négociations en cours entre des représentants américains et iraniens à Islamabad, au Pakistan, sous médiation locale. Les discussions, entamées depuis plusieurs heures, restent marquées par un blocage majeur autour du statut du détroit d’Ormuz.
L’Iran revendique un droit de contrôle accru sur cette voie maritime stratégique et exige des compensations financières ainsi que la reconnaissance de certains droits de passage. Les États-Unis rejettent ces demandes et insistent sur le principe de liberté totale de navigation, ce qui empêche toute avancée vers un accord-cadre.